Gary Miller
La Bible est un recueil de textes rédigés par plusieurs auteurs différents.
Le Coran est une dictée. Dans le Coran, c’est Dieu qui s’adresse directement aux
hommes. Dans la Bible, ce sont plusieurs personnes qui écrivent au sujet de Dieu
; on y retrouve, à quelques endroits, la parole de Dieu révélée aux hommes et, à
d’autres endroits, ce sont des hommes qui racontent tout simplement des faits
historiques. La Bible est constituée de 66 livrets. Environ 18 d’entre eux
commencent par la formule : « Ceci est la parole de Dieu révélée à untel… » (ou
une formule semblable). Dans tous les autres livrets, nous ne retrouvons aucune
affirmation voulant qu’ils aient été révélés par Dieu.
On peut citer comme exemple le début du livre de Jonas, qui se lit comme suit :
« La parole de Yahvé fut adressée à Jonas, fils d’Amittaï… » et le récit se
poursuit sur deux ou trois pages. Si nous comparons cela à l’un des quatre
récits de la vie de Jésus, nous avons, dans l’évangile de Luc, l’introduction
suivante : « Puisque beaucoup ont entrepris de composer un récit des événements
qui se sont accomplis (…), j’ai décidé, moi aussi, (…) d’en écrire pour toi
l’exposé suivi… » C’est tout. Nulle part l’auteur ne prétend avoir reçu de
révélation de la part de Dieu ; il n’en fait aucune allusion.
La Bible ne contient aucune référence à elle-même, i.e. que le mot « Bible » ne
se trouve pas dans la Bible. La Bible ne parle d’elle-même à aucun endroit. Il y
a certaines personnes qui prétendent que tel ou tel verset de la Bible constitue
une référence directe à elle-même, mais cette affirmation ne résiste pas à un
examen minutieux de ces versets. Le passage le plus souvent cité est 2Timothée
3:16, qui se lit comme suit : « Toute écriture est inspirée de Dieu ». Certains
affirment que dans ce passage, la Bible fait référence à elle-même en disant
qu’elle est inspirée de Dieu, tout entière. Cependant, si on lit le paragraphe
au complet, on réalise qu’il s’agit en fait d’une lettre écrite par Paul à
Timothée, dans laquelle il s’adresse à ce dernier en ces termes : « C’est depuis
ton plus jeune âge que tu connais les Saintes Écritures. (…) Toute écriture est
inspirée de Dieu », etc.… À l’époque où Timothée était un jeune homme, le
Nouveau-Testament n’existait pas encore ; il en découle donc que la seule chose
à laquelle il pouvait possiblement faire référence était les Écritures – qui ne
constituent qu’une partie de la Bible – qui précédaient son époque. Il est donc
clair que ce passage ne fait pas référence à la Bible tout entière.
Il y a, à la toute fin de la Bible, deux versets qui disent : « Qui oserait
faire des surcharges dans ce livre, Dieu le chargera de tous les fléaux décrits
dans ce livre ! Et qui oserait retrancher aux paroles de ce livre prophétique,
Dieu retranchera son lot de larbre de Vie et de la Cité sainte, décrits dans ce
livre ! » (Apocalypse 22:18-19). On me cite souvent ces versets en ajoutant : «
Ils font référence à la Bible tout entière. ». Mais si on y regarde plus
attentivement, on comprendra que ces versets font référence au dernier livre, le
66e, l’Apocalypse. Il ne peut en être autrement car l’Apocalypse a été rédigée
avant certaines autres parties de la Bible. Pour toutes sortes de raisons, elle
se trouve aujourd’hui à la toute fin de la Bible, mais comme d’autres livres de
la Bible ont été rédigés après elle, ces deux versets qu’elle contient ne
peuvent en aucun cas faire référence au livre tout entier.
Seule une poignée de groupes chrétiens maintiennent que la Bible – dans son
intégralité – de la première à la dernière page est la parole révélée de Dieu,
mais ils s’assurent toujours, lorsqu’ils émettent cette affirmation, de préciser
que c’est la Bible, telle qu’elle était à l’origine, qui est la parole de Dieu.
Donc si on leur fait remarquer qu’il y a telle ou telle erreur dans la Bible,
ils répondront inévitablement que ces erreurs ne se trouvaient pas dans les
écrits originaux, mais qu’elles s’y sont glissées avec le temps et que c’est
pour cela que nous les trouvons dans la Bible aujourd’hui. Mais en maintenant
cette position, ils se mettent dans une situation délicate.
Il y a un verset dans la Bible, plus précisément Isaïe 40:8 (qui est si connu,
en fait, qu’il se trouve imprimé au verso de la page couverture de certaines
Bibles en guise d’introduction), qui dit : « L’herbe sèche, la fleur se fane,
mais la parole de notre Dieu demeure toujours. » Voici donc un verset, dans la
Bible, qui affirme que la parole de Dieu vivra toujours, qu’elle ne sera pas
corrompue ni perdue. Or, si on trouve une erreur, aujourd’hui, dans la Bible, de
deux choses l’une : soit cette promesse de Dieu est fausse, i.e. que lorsqu’Il a
dit que Sa parole ne s’effacerait jamais, Il était dans l’erreur. Ou alors, le
texte dans lequel se trouve l’erreur en question ne faisait pas partie de la
parole de Dieu à l’origine.
J’ai affirmé à plusieurs reprises que la Bible contient beaucoup d’erreurs et
j’ai essuyé la même réplique à chaque fois : « Montrez-nous-en une. » Et bien,
il y en a des centaines. Si vous désirez des exemples, je peux en mentionner
quelques-uns. Entre autres, dans 2 Samuel 10:18, nous retrouvons la description
d’une guerre menée par David dans laquelle il est dit que ce dernier a tué 700
cavaliers et 40 000 hommes de pied. Mais dans 1 Chroniques 19:18, où l’on
mentionne le même épisode, on précise que David a tué 7000 cavaliers et 40 000
hommes de pied. Il me semble que la différence entre un homme de pied et un
cavalier est pourtant assez évidente.
Dans Matthieu 27:5, on raconte que Judas Iscariote s’est pendu. Par contre, dans
les Actes des apôtres 1:18, on dit plutôt qu’il s’est jeté du haut d’une
montagne. Nous avons donc ici deux affirmations différentes que nous ne pouvons
décider d’accepter ou de rejeter car il n’y a rien sur quoi nous puissions nous
baser pour affirmer qu’elles sont vraies ou fausses.
C’est comme cet exemple souvent utilisé en logique au sujet d’un Crétois qui dit
que « les Crétois mentent toujours ». Comment déterminer si cette affirmation
est vraie ou fausse ? S’il est crétois et qu’il affirme que les Crétois mentent
toujours, cela signifie-t-il qu’il ment en disant cela ? S’il n’est pas entrain
de mentir, il dit donc la vérité, ce qui signifie que les Crétois ne mentent pas
toujours ! Vous voyez, son affirmation ne peut être ni vraie ni fausse et l’on
se retrouve dans une sorte de cercle vicieux. Or, dans la Bible (Épître à Tite
1:12), Paul parle des Crétois et il raconte qu’un de leurs prophètes (lui-même
Crétois) a dit que les Crétois mentent toujours, et il ajoute que ce que dit cet
homme est vrai. Il s’agit d’une petite erreur de logique, mais là où je veux en
venir, c’est qu’il s’agit d’une erreur humaine.
Revenons au Coran, maintenant. J’ai mentionné que le narrateur, dans le Coran,
est Dieu Lui-même. À plusieurs reprises, dans le livre, le narrateur affirme
qu’il s’agit de la parole de Dieu. Nous retrouvons le mot « Coran » plus de 70
fois dans le Coran. Il parle de son propre contenu, il fait souvent référence à
lui-même. Le Coran déclare, dans la première sourah après al-Fatiha (al-Baqarah),
que « C’est un Livre au sujet duquel il n’y aucun doute, c’est un guide pour les
pieux… ». C’est ainsi qu’il débute et c’est ainsi qu’il continue, en soulignant
ce fait à maintes reprises. Et il y a, dans le Coran, un verset étonnant dans la
quatrième sourah, verset 82, qui s’adresse à ceux qui prétendent que le Coran
n’est pas la parole de Dieu. Dieu les met au défi en ces termes : « Ne
méditent-ils donc pas sur le Coran ? S’il provenait d’un autre qu’Allah, ils y
trouveraient certes maintes contradictions ! »
Certains d’entre vous êtes étudiants ; auriez-vous l’audace de remettre à votre
professeur un travail au bas duquel vous auriez écrit une note disant : « Vous
ne trouverez aucune erreur dans ce travail. » ? Auriez-vous l’audace de défier
ainsi votre professeur ? Et bien, c’est ce que fait le Coran. Le Coran dit : si
vous croyez réellement savoir d’où vient cette parole, alors commencez dès
maintenant à y chercher des erreurs ; à coup sûr, vous n’en trouverez pas.
Un autre aspect intéressant du Coran est qu’il cite les critiques faites à son
endroit. Toutes les hypothèses des mécréants – à travers les siècles - quant à
l’origine du Coran, toutes leurs tentatives d’explication sont citées dans le
Coran lui-même, qui répond à chacune d’elles de la façon la plus claire. On
retrouve souvent des versets disant : Disent-ils telle et telle chose ? Dis-leur
ceci et cela. Le Coran donne toujours la réplique à leurs prétentions. De plus,
le Coran affirme que les preuves de son origine divine se trouvent en lui-même
et que si vous l’étudiez attentivement, vous en serez convaincu.
Donc la différence entre la chrétienté et l’islam se résume à une différence en
matière d’autorité et comment en appeler à cette autorité. Les chrétiens veulent
en appeler à la Bible et les musulmans veulent en appeler au Coran. Mais
l’argumentation ne peut se réduire à dire : ceci est vrai parce que c’est écrit
dans mon livre, et quelqu’un d’autre dira qu’une autre chose est vraie parce
qu’elle est écrite dans son livre. On ne peut s’arrêter là et le Coran,
justement, ne s’arrête pas là. Les chrétiens peuvent citer comme référence
certains mots du Nouveau Testament attribués à Jésus et dire : voici une preuve
de ce que j’avance. Mais le musulman ne fait pas qu’ouvrir son livre et dire :
non, non, le Coran dit plutôt ceci, parce que le Coran ne fait pas que nier
certaines choses qui sont écrites dans la Bible pour en donner une version
différente. Le Coran prend plutôt la forme d’une réfutation. C’est, comme le dit
le deuxième verset de la deuxième sourah, un guide pour les pieux. C’est ainsi
que pour chaque suggestion ou insinuation avancée par les chrétiens qui disent,
par exemple : ma Bible dit telle et telle chose, le Coran ne fera pas que nier ;
il dira plutôt : disent-ils telle et telle chose ? alors demande-leur ou
dis-leur ceci et cela.
Prenons par exemple le verset qui fait la comparaison entre Jésus et Adam (paix
sur eux). Il y en a qui disent que Jésus devait être le fils de Dieu, puisqu’il
n’avait pas de père. Il avait une mère, mais pas de père humain. Et comme c’est
Dieu qui lui avait donné la vie, il ne pouvait donc qu’être le fils de Dieu. Le
Coran dit aux chrétiens de considérer Adam : qui était son père ? Et en fait,
qui était sa mère ? Il n’avait ni père ni mère ; cela fait-il de lui un être à
part ? Donc Adam est comme Jésus ; tous deux n’étaient rien au départ, puis Dieu
les a créés. Et tous deux adoraient Dieu.
Une autre différence fondamentale entre le Coran et la Bible est que le Coran ne
demande pas aux gens de croire ; il invite les gens à croire. Le message
coranique ne se réduit pas à : voici ce en quoi vous devez croire. D’un bout à
l’autre du Coran, nous trouvons des versets qui invitent à la foi : Ô hommes,
avez-vous réfléchi à ceci ou à cela ? Vous êtes-vous rappelé l’exemple d’untel
ou d’untel ? Ces versets contiennent toujours une invitation à considérer les
faits objectivement ; une fois cet exercice accompli, il ne vous reste qu’à
prendre position.
Lorsque les chrétiens citent la Bible pour prouver ce qu’ils avancent, ils
utilisent souvent un type d’argumentation dont les implications manquent de
constance. C’est comme lorsque vous voulez expliquer une chose et que vous dites
: elle doit signifier cela, mais lorsqu’il s’agit d’expliquer une autre chose,
vous n’utilisez pas le même argument. Par exemple, j’ai lu à plusieurs reprises,
dans divers ouvrages, que Jésus était nécessairement Dieu parce qu’il a accompli
des miracles. Mais d’un autre côté, nous savons très bien qu’il n’y a aucun des
miracles accomplis par Jésus qui n’avaient déjà été accomplis par d’autres
prophètes, tels que cités dans l’Ancien Testament. Nous pouvons citer, entre
autres, Élisée, qui a guéri le lépreux, fait revivre un garçon mort et multiplié
le pain – trois des miracles qui sont le plus souvent cités à propos de Jésus.
Si les miracles accomplis par Jésus prouvent qu’il était Dieu, pourquoi ne
prouvent-ils pas qu’Élisée était Dieu ? Si une chose en implique une autre dans
un cas, elle doit nécessairement impliquer la même dans l’autre cas. D’autres
disent que Jésus était Dieu parce qu’il a été élevé au ciel. Pourtant, la Bible
relate qu’un certain Élie n’est pas mort, mais que Dieu l’a élevé vers Lui. Pour
ce qui est de savoir si cette histoire est vraie ou fausse, nous ne pouvons que
conjecturer, mais le point est que si le fait que Jésus ait été élevé au ciel
prouve qu’il était Dieu, pourquoi la même situation ne prouve-t-elle pas qu’Élie
était Dieu ?
Une fois, j’ai écrit à un homme qui avait rédigé un livre sur la chrétienté et
dans ma lettre, je soulevais quelques-unes des objections dont je viens de vous
parler. Dans sa réponse, il me disait que je compliquais trop les choses, qu’il
y avait, dans la Bible, des passages clairs comme de l’eau de roche et qu’il y
en avait d’autres dont la signification était moins claire, et que mon problème
était que je m’attardais aux passages difficiles plutôt qu’à ceux qui étaient
très clairs. Le problème, c’est qu’il s’agit-là d’un exercice qui n’aboutit qu’à
se tromper soi-même – pourquoi y a-t-il des passages clairs et d’autres plus
obscurs ? Parce qu’il y a quelqu’un, quelque part, qui a décidé d’avance de la
signification à donner à ces passages, ce qui rend la compréhension et
l’interprétation de la Bible encore plus difficile.
Par exemple, dans Jean, chapitre 14, un homme demande à Jésus de lui montrer
Dieu, ce à quoi Jésus répond : « Qui m’a vu a vu Dieu ». C’est alors que, sans
poursuivre sa lecture, le chrétien dit : Vous voyez, Jésus affirme qu’il est
Dieu car il a dit « Qui m’a vu a vu Dieu. » Et bien si cela est clair comme de
l’eau de roche, vous vous retrouvez dans l’embarras si vous revenez quelques
pages en arrière au chapitre 5, où Jésus dit, en parlant de Dieu : « Vous n’avez
jamais entendu sa voix, vous n’avez jamais vu sa face. » Qu’entend-il donc par
là si, plus loin, il affirme soi-disant être Dieu ? C’est vous qui,
manifestement, compliquez les choses en décidant de la signification à donner au
passage du chapitre 14. Si vous aviez poursuivi votre lecture, vous auriez sans
doute compris que ce que Jésus dit, c’est que c’est à travers ses œuvres qu’il
est possible aux hommes de voir Dieu.
C’est un fait établi que les mots « fils de Dieu » n’ont jamais été émis par
Jésus et qu’on ne les retrouve pas dans les trois premiers récits de l’Évangile,
car il se nommait toujours lui-même Fils de Marie. Et j’ai souvent vu, chez les
chrétiens, une bien curieuse façon de raisonner lorsqu’ils affirment qu’il est
prouvé dans la Bible que Jésus a lui-même déclaré être Dieu à cause de la
réaction des juifs. Ils disent, par exemple, que Jésus a dit telle et telle
chose et que les juifs, indignés, l’ont accusé de blasphème. Jésus a affirmé
être Dieu et les juifs ont tenté de le lapider. Donc les chrétiens soutiennent
que certainement Jésus devait avoir affirmé qu’il était Dieu parce que regardez
! … les juifs ont tenté de le tuer.
Ce qu’il y a d’intéressant, ici, c’est que toute la « preuve » est construite
sur les paroles d’une personne qui a dit : Je crois que Jésus est le Fils de
Dieu parce que les juifs, qui l’ont tué, affirment que c’est ce qu’il avait pour
habitude de dire ! C’est ce que maintiennent ses ennemis, alors c’est
certainement ce qu’il disait – c’est à cela que se résume la « preuve ». Par
ailleurs, nous avons les paroles de Jésus qui nous dit qu’il respectera la loi,
la Loi de Moïse (c’est écrit noir sur blanc dans la Bible). Alors pourquoi les
juifs l’ont-ils tué ? Parce qu’il a violé la Loi de Moïse. Les juifs l’ont
manifestement mal compris, puisqu’il avait promis de respecter la loi, mais ils
l’ont tué parce qu’il avait violé la loi ; soit ils l’ont mal compris, soit ils
ont menti à son sujet.
Lorsque je parle de la Bible et que je cite différents versets ici et là, on
m’accuse souvent de citer hors contexte et d’en profiter pour donner aux versets
ainsi cités une signification qu’ils n’ont pas en réalité. Je ne répondrai pas
comme tel à ces accusations, mais j’aimerais souligner une chose : c’est qu’il
ne semble pas venir à l’esprit de beaucoup de gens qu’il se pourrait que ceux
qui ont écrit certaines parties de la Bible, au départ, aient été coupables de
la même chose. Il se pourrait qu’ils aient compris certains passages d’une
certaine façon et que, pour appuyer leurs propos et faire valoir leur
interprétation, ils aient cité de leurs écritures – l’Ancien Testament, les
Écritures Hébraïques – des versets hors contexte. Et il existe des exemples de
ce que j’avance.
Dans son deuxième chapitre, Matthieu raconte qu’un roi avait conçu le dessein de
tuer Jésus à sa naissance. C’est pourquoi sa famille s’enfuit en Égypte d’où
elle ne revint qu’à la mort du roi. Lorsque l’auteur de l’évangile de Matthieu –
qui qu’il soit, puisque le nom de Matthieu n’apparaît même pas dans le livre du
même nom – lorsqu’il décrit ce retour d’Égypte, il ajoute : « Ainsi devait
s’accomplir l’oracle des prophètes. », puis il cite un verset que l’on retrouve
dans Osée (11:1) et qui dit : « … et de l’Égypte j’appelai mon fils ». Il en
conclut donc que Jésus est le fils de Dieu. Mais si vous lisez la phrase entière
contenue dans ce verset, c’est-à-dire la portion de phrase qui précède celle qui
est citée, vous avez : « Quand Israël était enfant, je l’aimai, et de l’Égypte
j’appelai mon fils. » Israël, en tant que nation, était considéré comme le Fils
de Dieu. Moïse reçut l’ordre d’aller voir Pharaon et de lui dire : « Si tu
touches à cette nation, tu touches mon fils. » Donc Moïse met Pharaon en garde
contre le fait de toucher cette nation qu’il appelle « fils de Dieu ». Donc dans
Osée 11:1, « … et de l’Égypte j’appelai mon fils » ne peut que faire référence à
la nation d’Israël.
Il y a quelques mois, j’ai mentionné ces versets, au cours d’une autre
conférence, et une jeune femme nous a fait remarquer qu’Israël est un nom
symbolique pour Jésus. Vous aurez certainement du mal à trouver cela dans la
Bible, car il ne s’y trouve pas. Vous pouvez utiliser un index de la Bible et
vérifier toutes les références au mot « Israël » et vous verrez que dans aucun
cas vous n’arriverez à établir un lien entre le mot « Israël » et Jésus. Mais
même si c’était vrai, le verset suivant (Osée 11:2) dit : « par la suite, ils
ont sacrifié aux Baals » parce que c’est ce dont les Israélites s’étaient rendus
coupables ; il leur était arrivé à plusieurs reprises de retomber dans
l’idolâtrie. Donc si cet « Israël » était réellement Jésus et supposait que
Jésus était le Fils de Dieu revenu d’Égypte, il devrait également signifier que,
de temps à autre, Jésus se prosternait au pied de Baal. Il faut être logique et
poursuivre sa lecture jusqu’au bout afin d’en bien saisir le sens. Donc
quiconque a écrit l’évangile de Matthieu et plus particulièrement le chapitre 2
a maladroitement tenté d’appuyer ses propos en citant un verset hors contexte et
pour ceux qui prennent la peine de lire jusqu’au bout, la chose apparaît
évidente.
Revenons maintenant au Coran et au fait qu’il contienne des preuves quant à son
origine divine. Il y a plusieurs façons d’illustrer cela; en voici un exemple.
Si je choisis au hasard quelqu’un dans cette salle et que je lui dis : « Tu
sais, je connais ton père. », certainement il en doutera puisqu’il ne m’a jamais
vu avec son père. Alors il me demandera à quoi son père ressemble, s’il est
petit ou grand, s’il porte des lunettes, etc, et si je ne lui donne que des
réponses justes, il sera bientôt convaincu que je connais vraiment son père.
Appliquons maintenant la même façon de penser au Coran. Vous avez un livre qui
affirme provenir de Celui qui existait déjà lorsque l’univers a commencé. Vous
demandez donc à celui-ci : donne-moi une information qui me le prouve. Dis-moi
une chose qui constituera une preuve que tu étais là lorsque l’univers a
commencé.
Vous trouverez dans le Coran différents versets sur la création de l’univers et
sur son expansion. En 1978, deux personnes ont reçu le prix Nobel pour avoir
prouvé qu’à l’origine de l’univers, il y avait eu le « big bang ». Les énormes
récepteurs qu’utilisent les compagnies de téléphone, et qui sont assez sensibles
pour capter les transmissions par satellites, captaient sans cesse des bruits de
fond que personne ne pouvait expliquer. L’unique explication à laquelle ils sont
finalement parvenus était qu’il s’agissait de restes d’énergie de cette
explosion originelle qui équivalait exactement à ce qui devait être plus tard
prédit par les calculs mathématiques postulant que l’univers avait commencé en
un point unique et avait pris de l’expansion à partir de là. Ils le confirmèrent
donc, mais en 1978. Ils ignoraient que des siècles auparavant, le Coran disait :
« Ceux qui ne croient pas ne savent-ils pas que les cieux et la terre formaient
une masse compacte ? Ensuite Nous les avons séparés et fait de l’eau toute chose
vivante. Ne croiront-ils donc pas ? » (21:30) ; « Le ciel, Nous l’avons
construit par Notre puissance ; et Nous l’étendons constamment dans l’immensité.
» (51:47)
Texte tiré d’une conférence de Gary Miller