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La façon de tenir compte des conseils du Prophète

Adil Salahi

Nous avons toujours tenté, dans cette rubrique, de mettre en évidence le genre d’attitude que doit avoir un croyant envers les ordres et les conseils donnés par le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui). Nous avons expliqué que suivre les directives du Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) est une obligation pour tous les musulmans. Allah nous dit, dans le Coran :

« Ce que le Messager vous donne, prenez-le. Et ce qu’il vous interdit, abstenez-vous-en. » (Coran 59:7)

Voilà un ordre clair que nul croyant ne peut ignorer. Il est vrai que de temps à autre, il nous arrive de négliger nos obligations islamiques. C’est là un non-respect des règles pour lequel Allah peut décider soit de nous châtier, soit de nous pardonner. C’est pour cette raison que le musulman implore toujours le pardon d’Allah.

Si cela amène le lecteur à s’interroger sur les commandements du Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui), à savoir si nous devons les suivre par devoir ou si ce sont de simples recommandations que nous pouvons adopter à notre gré, alors une explication s’impose. Dans certains contextes, il est clair que le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) nous donne un ordre. Par exemple, lorsqu’il nous dit : « Priez comme vous m’avez vu prier. » Il a également dit, au moment où il s’apprêtait à entamer le pèlerinage : « Apprenez vos rituels de moi. » Dans le Coran, Allah ne nous explique pas de quelle manière nous devons prier. Cependant, Il nous ordonne très clairement de prier. Le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) nous a montré la manière de prier et nous a expressément ordonné de prier comme lui. Il est donc obligatoire pour tout musulman de prier comme le Prophète priait. Si un musulman décide de prier différemment, sa prière ne sera pas acceptée. De même, s’il fait le pèlerinage sans suivre l’exemple du Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui), son pèlerinage ne sera pas valide et ce, même s’il fait le pèlerinage avec une grande sincérité. Ce sont donc des ordres auxquels chaque musulman est tenu d’obéir. S’il ne respecte pas ces ordres, il désobéit au Prophète et, par conséquent, désobéit à Allah.

Par ailleurs, certains conseils donnés par le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) peuvent être considérés comme de simples lignes de conduites qu’il est préférable de suivre. En d’autres termes, il s’agit de recommandations. C’est le contexte qui détermine si un ordre particulier doit être considéré comme un devoir ou une recommandation. Mais même lorsque le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) ne fait que recommander certaines choses, nous devons suivre ses recommandations, car il ne nous enseigne que ce qui est bénéfique pour nous. Allah fait en sorte que nous réussissions lorsque nous suivons l’exemple du Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) et Il nous rétribue lorsque nous faisons ce qu’il nous recommande. Que la recommandation vise une chose d’ici-bas ou un acte d’adoration, nous avons l’assurance d’obtenir les meilleurs résultats en la suivant. Ceux qui ne souhaitent pas suivre l’exemple du Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) n’ont qu’eux-mêmes à blâmer pour les conséquences négatives de leur décision. Le hadith suivant explique cela en termes clairs :

Aisha, l’épouse du Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Un jour, le Prophète fit une chose et démontra qu’elle était permise. Certaines personnes, toutefois, préférèrent ne pas la faire. Cela vint aux oreilles du Prophète. Alors il loua Allah et dit : « Que se passe-t-il avec certaines personnes qui se sentent au-dessus des actions que je fais moi-même? Par Allah, je connais Allah mieux qu’ils ne Le connaissent et je Le crains plus qu’ils ne Le craignent. » (Rapporté par al-Boukhari, Mouslim et an-Nassai).

Le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a toujours affirmé que l’islam était une religion facile, comprenant des ordres faciles à suivre. Il a donc tenu à préciser que le chemin intermédiaire est le meilleur chemin à suivre et que son exemple doit être suivi par tous les musulmans.

Dans le hadith ci-dessus, il est rapporté que certains compagnons, dans leur enthousiasme à atteindre un haut rang de piété, crurent bon s’abstenir de faire une chose que le Prophète avait pourtant lui-même faite. La chose en question n’a pas été rapportée dans le hadith. Mais certains exégètes affirment que trois compagnons allèrent voir les épouses du Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) et les interrogèrent sur ses habitudes en matière d’adoration et de jeûnes volontaires et sur la façon dont il traitait ses épouses. Lorsqu’ils obtinrent réponses à leurs questions, ils pensèrent qu’un tel niveau d’adoration n’était pas suffisant pour eux. Non pas qu’ils se croyaient meilleurs que lui, mais ils savaient qu’Allah avait déjà pardonné tous ses péchés et toutes ses fautes au Prophète, ce qui n’était évidemment pas leur cas. C’est pourquoi ils souhaitaient s’imposer à eux-mêmes une discipline encore plus rigide. L’un d’eux s’engagea à jeûner chaque jour sans interruption, l’autre fit le serment de passer chaque nuit en prières, tandis que le dernier jura de ne jamais se marier.

Lorsque cela fut rapporté au Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui), il comprit le danger que cela représentait pour ses compagnons comme pour les futures générations de croyants, un danger lié au fait de pousser les choses à l’extrême. Comme il avait toujours affirmé que l’islam était une religion facile et que le chemin intermédiaire était le meilleur, il réitéra avec force que son exemple était celui que devaient suivre tous les croyants. Lorsqu’il monta sur la chaire pour s’adresser à ses compagnons, il leur fit comprendre qu’il connaissait Allah mieux qu’aucun d’entre eux et qu’il Le craignait plus que quiconque. Connaître Allah, c’est Le craindre, car celui qui possède une véritable connaissance de son Créateur ne peut continuer à Lui désobéir. Mieux une personne connaît Allah, plus facile il devient pour elle de Lui obéir et de rester à l’écart de ce qu’Il interdit. Donc, l’exemple du Prophète est la ligne de conduite que nous devons suivre. Lorsque nous suivons son exemple, nous pouvons avoir la certitude qu’Allah sera satisfait de nous. Ceux qui s’imaginèrent que son exemple n’était pas assez élevé pour être suivi choisirent de s’imposer une ligne de conduite extrême. C’est pourquoi le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui), selon d’autres versions du même hadith, fut très fâché d’apprendre ce qu’ils avaient dit et fait. Il leur fit comprendre qu’ils n’avaient pas à s’imposer à eux-mêmes une vision aussi stricte de la religion et qu’ils devaient plutôt suivre son exemple. Donc s’il a fait une chose alors qu’il connaît mieux Allah et qu’il Le craint plus que quiconque, cette chose est certainement permise, et même bénéfique.

Ce hadith établit un principe fondamental, et il s’applique à toutes les situations et circonstances. Le fait de ne pas suivre le conseil du Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) privera la personne concernée de retombées positives. Le hadith suivant constitue un exemple d’application du hadith précédent : deux hommes s’échangèrent de mauvais mots chez le Prophète. L’un d’eux était si fâché que son visage tourna au cramoisi. Le Prophète dit, à son sujet : « Je connais un mot qui, s’il le prononce, le soulagera de l’état dans lequel il se trouve en ce moment. » Un autre homme alla voir le premier et lui répéta ce que le Prophète avait dit : il lui conseilla de rechercher protection auprès d’Allah contre le diable. L’homme dit : « Pourquoi? Y a-t-il quelque chose qui ne va pas, chez moi? Me crois-tu fou? Va-t-en! » (rapporté par al-Boukhari, Mouslim et an-Nassai).

Il est clair que cet homme était sous l’emprise totale de sa colère. Le Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) voulait simplement enseigner à ses compagnons que si un homme est sous l’emprise de la colère, il doit faire un effort pour se rappeler Allah et chercher protection auprès de Lui contre le diable. Mais l’homme en colère n’était pas en état d’écouter quoi que ce soit et c’est pourquoi il répliqua durement aux paroles du compagnon venu lui transmettre les conseils du Prophète. Et le fait qu’il ne mit pas ces conseils en pratique signifie que sa colère avait pris le dessus sur lui, ce qui l’empêchait de penser clairement. Il est clair qu’il se priva ainsi des bienfaits dont il aurait pu profiter s’il avait suivi les conseils du Prophète (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui). Une fois sa colère retombée, il le regretta sûrement, mais ses regrets ne lui servirent à rien.

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