Qui est le prophète Mohamed

CONSEIL RÉGIONAL DU CULTE MUSULMAN DE LA CHAMPAGNE ARDENNE
LE PROPHÈTE MOHAMED

La sincérité est un acte parmi les actes du coeur, voire le premier des actes du coeur. Elle est la condition sine qua non de la validité de nos actes. Car entre la critique et l’injure, la frontière est parfois ténue...

Si la liberté de s’exprimer appartient à tous, croyants comme non-croyants, elle n’a jamais été la liberté de dire n’importe quoi, a fortiori au pays des Lumières. L’article 11 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 dispose justement que tout citoyen peut s’exprimer... “sauf à répondre des abus de cette liberté dans des cas déterminés par la loi”. C’est pourquoi la loi de 1881 sur la liberté de la presse a connu de nombreuses adjonctions (respect de la vie privée, lutte contre la diffamation...) renforçant d’autant cette intolérance quasi viscérale à la censure héritée de plusieurs siècles.

La raison nous impose, une fois n’est pas coutume, de dépasser ce mythe stérile qu’est la liberté absolue. De même, il convient de reconnaître, encore une évidence, que le sacré n’est plus l’apanage des seules religions et a investi, depuis longtemps, la société civile (les camps de concentration, les droits de l’enfant...).

Ainsi, la question qui se trame derrière celle de l’encadrement de la liberté d’expression est non seulement celle de l’équilibre entre le respect des croyances et la pleine latitude de juger, mais encore celle de la définition d’un socle de valeurs communes aux Français... de tous horizons !

Prétendre qu’encadrer la liberté d’expression revient à bafouer notre liberté la plus élémentaire est une insulte faite à notre législateur. Bien au contraire, le processus législatif fait appel à un vaste champ de réflexions et tend à mettre en normes un lien collectif, un ensemble de choix et de valeurs communs et à ressouder le tissu social.

Les caricatures, en tant que modalité d’expression à vocation déformatrice et simplificatrice, son objet étant d’exagérer certains traits que l’on entend dénoncer, confine à la manipulation et conduit au faux. Surtout pour des journalistes censés véhiculer la juste information ! C’est en l’espèce toute la déontologie journalistique, et plus généralement médiologique, qui est bafouée. Et c’est précisément sur ce terrain que la loi, ou la réglementation de façon plus générale, a vocation à intervenir.

Le vrai n’est pas le pendant du faux, mais simplement autre chose.

Ce qu’en disent de grands auteurs français

Le grand poète A. de LAMARTINE

écrivait en 1854 (Histoire de la Turquie)

A propos du Prophète de l’Islam (Mohammad dit Mahomet)

« Jamais homme ne se proposa volontairement où involontairement un but plus sublime puisque ce but était surhumain : saper les superstitions interposées entre la créature et le Créateur, rendre Dieu à l’homme et l’homme à Dieu, restaurer l’idée rationnelle et sainte de la divinité dans ce chaos de dieux matériels et défigurés de l’idolâtrie.

Jamais homme n’accomplit en moins de temps une si immense et durable révolution dans le monde, puisque moins de deux siècles après sa prédication, l’Islamisme, prêché et armé, régnait sur les trois Arabies, conquérait à l’unité de Dieu, la Perse, le Korassan, la Transoxiane, l’Inde Occidentale, la Syrie, l’Egypte, l’Ethiopie, tout le continent connu de l’Afrique Septentrionale, plusieurs îles de la Méditerranée, l’Espagne et une partie de la Gaule. Si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens, l’immensité du résultat sont les trois mesures du génie de l’homme, qui osera comparer humainement un grand homme de l’histoire moderne à Mahomet (Mahomet dans la littérature classique correspond à Muhammad Prophète de l’Islam (S.A.W.S).) ?

Les plus fameux n’ont remué que des armes, des lois, des empires ; ils n’ont fondé, quand ils ont fondé quelque chose, que des puissances matérielles, écroulées souvent avant eux. Celui-là a remué des armées, des législations, des empires, des peuples, des dynasties, des millions d’hommes sur un tiers du globe habité ; mais il a remué, de plus, des idées, des croyances, des âmes.

Il a fondé sur un livre dont chaque lettre est devenue loi, une nationalité spirituelle qui englobe des peuples de toutes les langues et de toutes les races, et il a imprimé pour caractère indélébile de cette nationalité musulmane la haine des faux dieux et la passion du Dieu un et immatériel (…).

Philosophe, orateur, apôtre, législateur, guerrier, conquérant d’idées, restaurateur de dogmes rationnels d’un culte sans images, fondateur de vingt empires terrestres et d’un empire spirituel, voilà Mahomet. A toutes les échelles où l’on mesure la grandeur humaine, quel homme fut plus grand (…) ? »

Victor Hugo chante le Prophète de l’Islam

L’AN NEUF DE L’HEGIRE

Comme s’il pressentait que son heure était proche,

Grave, il ne faisait plus à personne une reproche ;

Il marchait en rendant aux passants leur salut ;

On le voyait vieillir chaque jour, quoiqu’il eût

A peine vingt poils blancs à sa barbe encore noire ;

Il s’arrêtait parfois pour voir les chameaux boire,

Se souvenant du temps qu’il était chamelier.

Il semblait avoir vu l’Eden, l’âge de d’amour,

Les temps antérieurs, l’ère immémoriale.

Il avait le front haut, la joue impériale,

Le sourcil chauve, l’oeil profond et diligent,

Le cou pareil au col d’une amphore d’argent,

L’air d’un Noé qui sait le secret du déluge.

Si des hommes venaient le consulter, ce juge

Laissait l’un affirmer, l’autre rire et nier,

Ecoutait en silence et parlait le dernier.

Sa bouche était toujours en train d’une prière ;

Il mangeait peu, serrant sur son ventre une pierre ;

Il s’occupait de lui-même à traire ses brebis ;

Il s’asseyait à terre et cousait ses habits.

Il jeûnait plus longtemps qu’autrui les jours de jeûne,

Quoiqu’il perdît sa force et qu’il ne fût plus jeune.

A soixante-trois ans une fièvre le prit.

Il relut le Coran de sa main même écrit,

Puis il remit au fils de Séid la bannière,

En lui disant : “Je touche à mon aube dernière.

Il n’est pas d’autre Dieu que Dieu. Combats pour lui.”

Et son oeil, voilé d’ombre, avait ce morne ennui

D’un vieux aigle forcé d’abandonner son aire.

Il vint à la mosquée à son heure ordinaire,

Appuyé sur Ali le peuple le suivant ;

Et l’étendard sacré se déployait au vent.

Si dans l’obscurité du cercueil solitaire

Chaque faute engendre un ver de terre.

Fils, le damné renaît au fond du froid caveau

Pour être par les vers dévoré de nouveau ;

Toujours sa chair revit, jusqu’à ce que la peine,

Finie ouvre à son vol l’immensité sereine.

Fils, je suis le champ vil des sublimes combats,

Tantôt l’homme d’en haut, tantôt l’homme d’en bas,

Et le mal dans ma bouche avec le bien alterne

Comme dans le désert le sable et la citerne ;

Ce qui n’empêche pas que je n’aie, ô croyants !

Tenu tête dans l’ombre au x Anges effrayants

Qui voudraient replonger l’homme dans les ténèbres ;

J’ai parfois dans mes poings tordu leurs bras funèbres ;

Souvent, comme Jacob, j’ai la nuit, pas à pas,

Lutté contre quelqu’un que je ne voyais pas ;

Mais les hommes surtout on fait saigner ma vie ;

Ils ont jeté sur moi leur haine et leur envie,

Et, comme je sentais en moi la vérité,

Je les ai combattus, mais sans être irrité,

Et, pendant le combat je criais : laissez faire !

Je suis le seul, nu, sanglant, blessé ; je le préfère.

Qu’ils frappent sur moi tous ! Que tout leur soit permis !

Quand même, se ruant sur moi, mes ennemis

Auraient, pour m’attaquer dans cette voie étroite,

Le soleil à leur gauche et la lune à leur droite,

Ils ne me feraient point reculer ! C’est ainsi

Qu’après avoir lutté quarante ans, me voici

Arrivé sur le bord de la tombe profonde,

Et j’ai devant moi Allah, derrière moi le monde.

Quant à vous qui m’avez dans l’épreuve suivi,

Comme les grecs Hermès et les hébreux Lévi,

Vous avez bien souffert, mais vous verrez l’aurore.

Après la froide nuit, vous verrez l’aube éclore ;

Peuple, n’en doutez pas ; celui qui prodigua

Les lions aux ravins du Jebbel-Kronnega,

Les perles à la mer et les astres à l’ombre,

Peut bien donner un peu de joie à l’homme sombre.”

Il ajouta ; “Croyez, veillez ; courbez le front.

Ceux qui ne sont ni bons ni mauvais resteront

Sur le mur qui sépare Eden d’avec l’abîme,

Etant trop noirs pour Dieu, mais trop blancs pour le crime ;

Presque personne n’est assez pur de péchés

Pour ne pas mériter un châtiment ; tâchez,

Là, pâle, il s’écria, se tournant vers la foule ;

“Peuple, le jour s’éteint, l’homme passe et s’écroule ;

La poussière et la nuit, c’est nous. Dieu seul est grand.

Peuple je suis l’aveugle et suis l’ignorant.

Sans Dieu je serais vil plus que la bête immonde.”

Un cheikh lui dit : “o chef des vrais croyants ! le monde,

Sitôt qu’il t’entendit, en ta parole crut ;

Le jour où tu naquit une étoile apparut,

Et trois tours du palais de Chosroès tombèrent.”

Lui, reprit : “Sur ma mort les Anges délibèrent ;

L’heure arrive. Ecoutez. Si j’ai de l’un de vous

Mal parlé, qu’il se lève, ô peuple, et devant tous

Qu’il m’insulte et m’outrage avant que je m’échappe ;

Si j’ai frappé quelqu’un, que celui-là me frappe.”

Et, tranquille, il tendit aux passants son bâton.

Une vieille, tondant la laine d’un mouton,

Assise sur un seuil, lui cria : “ieu t’assiste !”

Il semblait regarder quelque vision triste,

Et songeait ; tout à coup, pensif, il dit : “voilà,

Vous tous, je suis un mot dans la bouche d’Allah ;

Je suis cendre comme homme et feu comme prophète.

J’ai complété d’Issa la lumière imparfaite.

Je suis la force, enfants ; Jésus fut la douceur.

Le soleil a toujours l’aube pour précurseur.

Jésus m’a précédé, mais il n’est pas la Cause.

Il est né d’une Vierge aspirant une rose.

Moi, comme être vivant, retenez bien ceci,

Je ne suis qu’un limon par les vices noirci ;

J’ai de tous les péchés subi l’approche étrange ;

Ma chair a plus d’affront qu’un chemin n’a de fange,

Et mon corps par le mal est tout déshonoré ;

O vous tous, je serais bien vite dévoré

En priant, que vos corps touchent partout la terre ;

L’enfer ne brûlera dans son fatal mystère

Que ce qui n’aura point touché la cendre, et Dieu

A qui baise la terre obscure, ouvre un ciel bleu ;

Soyez hospitaliers ; soyez saints ; soyez justes ;

Là-haut sont les fruits purs dans les arbres augustes,

Les chevaux sellés d’or, et, pour fuir aux sept dieux,

Les chars vivants ayant des foudres pour essieux ;

Chaque houri, sereine, incorruptible, heureuse,

Habite un pavillon fait d’une perle creuse ;

Le Gehennam attend les réprouvés ; malheur !

Ils auront des souliers de feu dont la chaleur

Fera bouillir leur tête ainsi qu’une chaudière.

La face des élus sera charmante et fière.”

Il s’arrêta donnant audience à l’espoir.

Puis poursuivant sa marche à pas lents, il reprit :

“O vivants ! Je répète à tous que voici l’heure

Où je vais me cacher dans une autre demeure ;

Donc, hâtez-vous. Il faut, le moment est venu,

Que je sois dénoncé par ceux qui m’ont connu,

Et que, si j’ai des torts, on me crache aux visages.”

La foule s’écartait muette à son passage.

Il se lava la barbe au puits d’Aboufléia.

Un homme réclama trois drachmes, qu’il paya,

Disant : “Mieux vaut payer ici que dans la tombe.”

L’oeil du peuple était doux comme un oeil de colombe

En le regardant cet homme auguste, son appui ;

Tous pleuraient ; quand, plus tard, il fut rentré chez lui,

Beaucoup restèrent là sans fermer la paupière,

Et passèrent la nuit couchés sur une pierre

Le lendemain matin, voyant l’aube arriver ;

“Aboubékre, dit-il, je ne puis me lever,

Tu vas prendre le livre et faire la prière.”

Et sa femme Aïscha se tenait en arrière ;

Il écoutait pendant qu’Aboubékre lisait,

Et souvent à voix basse achevait le verset ;

Et l’on pleurait pendant qu’il priait de la sorte.

Et l’Ange de la mort vers le soir à la porte

Apparut, demandant qu’on lui permît d’entrer.

“Qu’il entre.” On vit alors son regard s’éclairer

De la même clarté qu’au jour de sa naissance ;

Et l’Ange lui dit : “Dieu désire ta présence.

- Bien”, dit-il. Un frisson sur les tempes courut,

Un souffle ouvrit sa lèvre, et Mahomet mourut.

Victor Hugo, le 15 janvier 1858.

Des personnalités éminentes témoignent

“Quiconque ayant étudié la vie et la personnalité du grand prophète d’Arabie ne peut que ressentir de la vénération pour cet éminent prophète”
Annie BESANT (Historienne) – La vie et les enseignements de Mahomet (1932)

Après avoir analysé les personnages les plus influents de l’histoire, M. HART plaça au premier rang Mohammad : “La raison en est qu’il est le seul homme a avoir mené à bien son oeuvre avec succès tant sur le plan religieux que celui de la politique”
M. HART (astronome, mathématicien et historien) – Les 100 personnes les plus influentes de l’histoire (1981)

“Nous pouvons discerner 3 dons importants que Mahomet a reçus. Il a été doté d’une faculté spéciale à voir l’avenir, il fut un homme d’Etat plein de sagesse et il fut un administrateur plein de tact et d’habileté. Plus on réfléchit à l’histoire de Mahomet, plus on est stupéfait devant la grandeur d’une telle oeuvre”
W. MONTGOMERY WATT (Historien) – Mahomet à Médine (1978)

“De mémoire d’homme, aucun nom n’aura été invoqué autant de fois, nul n’aura régné sur autant d’âmes”
LE POINT – La vraie vie de Mahomet (1er octobre 1994)

“Mahomet est réellement un personnage historique… Mahomet nous apparaît comme un homme doux, sensible, fidèle, exempt de haine. Ses affections étaient sincères, son caractère, en général, porte à la bienveillance”
Ernest RENAN (Ecrivain) – Etudes d’histoires religieuses

“Ce fut très certainement un très grand homme qui forma de grands hommes… Il joua le plus grand rôle qu’on puisse jouer sur la terre aux yeux du commun des hommes”
VOLTAIRE (Philosophe) – Essai sur les moeurs

“Et c’est une oeuvre immense, que Mahomet a accomplie, par le seul concept de l’Unique, il a soumisl’univers entier”.
GOETHE (Philosophe) – Divan ouest oriental

Un homme exceptionnel

Né à la Mecque en l’an 570, Mohammad devint orphelin dès l’age de 6 ans. Il fut alors pris en charge par son grand-père, puis par son oncle. A l’âge de 25 ans, il épousa la noble Khadija alors qu’il travaillait à son service. Illettré, il reçu la première révélation à 40 ans, dans la grotte du mont Hira (près de la Mecque), et sa mission dura 23 ans dont 10 ans à Médine où il quitta ce monde. Il laissa après lui des hommes et des femmes qui ont continué à transmettre son Message de la Chine à la France, de l’océan Indien à la Scandinavie...

Il se distinguait à travers la perfection de son caractère et de son être. Un des aspects de son ascendance est que les coeurs, à son égard, débordaient de respect. Les hommes, sans réserve, se consacraient à la fois à sa protection et à son admiration, comme on ne l’avait encore jamais fait pour un homme de ce monde. Ceux qui lui étaient proches l’aimaient sans condition, profondément, se préoccupant plus de sa vie que de la leur, pourvu qu’il fût sain et sauf. S’ils lui portaient un tel amour c’est que le degré de perfection dont il fut doté fut sans commune mesure.

Il était d’une générosité et d’une largesse sans limites. Il donnait de la manière de ceux qui ne craignent point la pauvreté. En témoigne ce jour où un homme vint lui demander son aide : “Je n’ai rien à te donner”, lui dit-il, “mais vas acheter ce que tu veux à mon compte. Je rembourserai le vendeur lorsque j’aurai de quoi le payer.” Il distribuait à autrui tout ce qu’il pouvait recevoir, et s’en réjouissait plus que ceux qui se voyaient offrir ses présents.

Il était un homme miséricordieux et d’une grande douceur, en même temps qu’il surpassait les autres en courage et en bravoure. Lors d’un voyage, alors qu’il s’était absenté, ses compagnons virent un petit oiseau avec deux oisillons dont ils s’emparèrent. L’oiseau se mit alors à tourner autour d’eux. Lorsqu’il revint, il leur demanda alors : “Qui a affligé cet oiseau en lui enlevant ses petits ?” Puis, il leur demanda de remettre les oisillons à leur place. Et lorsqu’on lui demanda s’il y avait une rétribution en se comportant bien avec les animaux, il répondit qu’il y avait une rétribution concernant toute créature vivante.

Sa miséricorde était telle qu’elle surpassait sa colère. Lors de la difficile bataille de Ohod qu’il dû livrer avec ses compagnons pour défendre leurs proches et leurs biens de la persécution mecquoise, bien que son dos fut foulé, son visage ensanglanté et son incisive brisée, les seules paroles qu’il exprima à l’égard de ses adversaires étaient : “Mon Dieu ! Pardonne à mon peuple car ils ne savent pas”. Il répondait toujours au mal par le bien, car, pour lui, l’antidote était préférable au poison. Il appliquait et adhérait au principe consistant à répondre à la haine par l’amour et à l’agressivité par la clémence. (pour en savoir plus : Le Prophète Muhammad de Martin Lings).

Un Message toujours vivant
La question du sens et des valeurs

“Les oeuvres ne valent que par les intentions, et chacun sera jugé en fonction de ses intentions”. Si l’image véhiculée généralement sur l’Islam blesse quiconque s’y sent attaché, de près comme de loin, c’est que l’examen d’autocritique auquel appel le dernier des Prophètes de l’Islam n’a pas été entendu par les musulmans eux-mêmes, pourtant témoins et ambassadeurs de leur propre religion.

Personne, à l’exception de Dieu lui-même, ne peut guider les coeurs. Encore moins les contraindre. Pourtant le prosélytisme semble être une constante chez certains musulmans. C’est peut-être le signe qu’il existe un terrain totalement laissé à l’abandon par les musulmans, celui du comment, comme l’est la question du pourquoi pour les non-croyants.

Une confusion récurrente consiste en effet, chez les premiers comme chez les seconds, à penser que les sphères du comment et du pourquoi sont totalement imperméables. Les uns en classant ce qui est bien et ce qui est mal mais très rarement en donnant des pistes concrètes pour apporter une solution aux problèmes rencontrés ; les seconds en réfléchissant aux solutions à apporter mais en redoutant les qualifications de bien et de mal.

Pourquoi un tel schisme ? Parce que les uns et les autres revendiquent, avec des buts différents, la séparation entre la vie civile et la religion, la vie de tous les jours et l’adoration de Dieu.

Pourtant, qu’est-ce qui différencie celui qui se lève tous les matins pour travailler, pour étudier, celui qui veut être utile aux autres, celui qui cherche à respecter ses voisins... ? Seulement l’intention qui sous-tend l’acte et non l’acte lui-même. L’acte de l’un sera qualifié d’adoration alors que celui de l’autre ne sera ni plus ni moins que l’acte lui-même.

De même, les notions de bien et de mal ne sont pas l’apanage des seules religions. Ne qualifie-t-on jamais un acte de bon ou de mauvais ? La sphère morale aurait-elle investi le champ de la réflexion civile ? Si les croyants pensent que la distinction du bien et du mal provient de Dieu, les non-croyants en font le fruit d’accords collectifs qui font parfois souffler un vent de panique sur certaines questions... mettant en jeu le ralliement des électeurs.

C’est justement là une des forces des croyants que d’accepter de prendre partie dans la distinction du bien du mal. Loin d’être rétrograde, cette question est même l’enjeu de la détermination du lien qui unit les membres d’une même société. Aussi, accepter de répondre au pourquoi de la vie revient à reconnaître Dieu et à devoir accepter Ses préceptes. C’est-à-dire à s’engager, au plus profond de son âme, sur une voie bien tracée. Et l’un des secrets de cette voie réside dans l’amour porté à Dieu ainsi qu’à Son prophète... et c’est toute la vie d’ici-bas qui s’en trouve ré-enchantée.

Dieu nous commande de nous entre-connaître. Quoi de plus républicain ?!


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