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Les conditions nécessaires à la profession de foi

Jamaal al-Din Zarabozo
Tout musulman sait que la clé du Paradis réside dans la profession de foi suivante : « Il n’y a pas d’autre dieu qu’Allah ». Cependant, trop nombreux sont les musulmans qui comptent sur cette déclaration pour être sauvés et qui croient que pourvu qu’ils la prononcent, aucun mal ne peut leur arriver. Ils s’imaginent que le Paradis leur sera accordé en retour de cette simple déclaration verbale qu’est la shahadah.

Pourtant, il ne fait aucun doute que le simple fait de dire « j’atteste qu’il n’y a pas d’autre dieu qu’Allah et que Mohammed est Son serviteur et messager » ne suffit pas à obtenir le salut. En fait, les hypocrites avaient pour habitude de prononcer souvent la shahadah; néanmoins, Allah les a décrits comme menteurs et a affirmé qu’ils occuperaient l’abîme le plus profond de l’Enfer.

Plusieurs savants musulmans affirment que cette déclaration est la clé du Paradis. Une fois, on demanda à Wahb ibn Mounabbih : « La déclaration « la ilaha illa-llah » n’est-elle pas la clé du Paradis? » Il répondit : « Oui, mais chaque clé a des dents. Si vous vous présentez avec la clé dont les dents sont les bonnes, la porte s’ouvrira. Mais si les dents de votre clé ne sont pas les bonnes, la porte ne s’ouvrira pas. » Donc les conditions nécessaires à la profession de foi doivent être remplies. Ce sont ces conditions qui permettent de distinguer la personne qui retirera des bienfaits de cette déclaration de celle qui n’en retirera point, même si elle la prononce plusieurs fois par jour.

Mais avant d’analyser ces conditions qui sont nécessaires à la Shahadah, il y a une dernière chose dont je me sens obligé de parler. Certaines personnes ont cette fâcheuse tendance à prendre un hadith ou un verset du Coran et, en se basant uniquement sur ce texte, à en tirer une conclusion bien personnelle. Un exemple courant de ce genre de conclusion est que celui ou celle qui déclare « il n’y a pas d’autre dieu qu’Allah » entrera automatiquement au Paradis. Nous devons tous comprendre que les versets du Coran et les hadiths se complètent les uns les autres et que nous pouvons et devons utiliser les uns pour expliquer les autres. Pour connaître la meilleure position à adopter sur une question donnée, nous devons colliger tous les versets et hadiths qui s’y rapportent et les étudier afin de comprendre quelle est la véritable position islamique sur cette question. Et il en va de même en ce qui concerne les conditions nécessaires à la shahadah.

Si nous étudions les versets coraniques et hadiths du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) relatifs à la shahadah, nous pouvons en conclure que les conditions de la shahadah sont au nombre de sept, huit ou neuf, tout dépendant de l’angle sous lequel nous les étudions. Il est primordial que chacun d’entre nous s’assure de faire de son mieux pour répondre à ces conditions avant qu’il ne soit trop tard et que sa profession de foi ne lui serve plus à rien. Le but n’est pas de simplement enseigner ces conditions dans un but purement académique; je n’y vois aucun avantage. Le but est plutôt de nous amener tous à faire un auto-examen et à nous assurer que nous répondons à ces conditions afin que, par la grâce d’Allah, nous puissions ouvrir les portes du Paradis avec les clés de « la ilaha illa-llah ».

La PREMIÈRE condition est la CONNAISSANCE

Celui qui prononce la shahadah doit avoir une connaissance générale de base de sa signification. Il doit comprendre ce que la shahadah soutien et ce qu’elle nie. Allah dit, dans le Coran :

« Sache donc qu’en vérité, il n’y a point de divinité à part Allah, et implore le pardon pour ton péché… » (47:19)

De même, le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Quiconque meurt en ayant la certitude que nul ne mérite d’être adoré à part Allah entrera au Paradis. » (Mouslim)

En fait, la shahadah est un témoignage. Lorsqu’une personne témoigne de quelque chose, il va de soi qu’elle doit avoir connaissance de ce dont elle témoigne. Évidemment, témoigner d’une chose dont on n’a aucune connaissance est insensé et inacceptable. Allah dit, dans le Coran :

« … à l’exception de ceux qui auront témoigné de la vérité en pleine connaissance de cause. » (43:86)

Maintenant, cette condition peut sembler des plus évidentes. Si quelqu’un vous disait : « Il n’y a pas d’autre dieu qu’Allah » et qu’il ajoutait que par « Allah » il entendait en fait « Jésus », vous lui répondriez immédiatement que sa profession de foi est absurde. Pourtant, me croirez-vous si je vous dis qu’il existe un pays musulman qui, jusqu’à récemment, célébrait un festival annuel d’une semaine dédié « aux dieux de la mer »? Et ils se disent musulmans et prononcent la shahadah plusieurs fois par jour! Voilà un parfait exemple de gens qui n’ont aucune idée de ce que signifie la shahadah. Croyez-vous que ce genre de shahadah leur ouvrira les portes du Paradis?

De nos jours, nombre de musulmans se demandent pourquoi nous ne devrions pas accepter la laïcité. Ils croient qu’il n’y a rien de mal dans la laïcité! Plusieurs de ces musulmans prient cinq fois par jour et répètent régulièrement la shahadah. Pourtant, ils ne voient rien de mal dans le fait d’accepter un autre Législateur qu’Allah? Quel genre de shahadah ces gens prononcent-ils?

Nous devons tous faire de notre mieux pour au moins apprendre l’essentiel du système de croyances islamique. L’essentiel de la signification de la shahadah. De cette façon, si Allah le veut, notre shahadah sera acceptée. Nous témoignerons de la vérité en connaissance de cause, comme nous sommes censés le faire.

La DEUXIÈME condition est la CERTITUDE (ou al-yaqin)

C’est l’opposé du doute et de l’incertitude. En islam, tout type de doute est équivalent au Koufr (ou mécréance). Nous devons, dans nos cœurs, être absolument certains de la vérité contenue dans la shahadah. Nos cœurs ne doivent jamais vaciller de quelque façon que ce soit lorsque nous témoignons de la vérité, lorsque nous disons « nul ne mérite d’être adoré en dehors d’Allah ».

Dans le Coran, Allah décrit les croyants comme ceux qui croient en Lui et dont le cœur ne vacille pas. Allah dit :

« Les vrais croyants sont seulement ceux qui croient en Allah et en Son messager, qui par la suite ne doutent point et qui luttent avec leurs biens et leurs personnes dans le chemin d’Allah. Ceux-là sont les véridiques. » (49:15)

De même, le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Celui qui rencontre Allah en ayant témoigné qu’il n’y a pas d’autre dieu qu’Allah et que je suis Son Messager, et qui n’a dans son cœur aucun doute à ce sujet, celui-là entrera au Paradis. » (Mouslim)

En fait, Allah décrit les hypocrites comme ceux dont le cœur est empli de doute. Par exemple, Allah dit :

« Ne te demandent permission [de ne pas participer au jihad] que ceux qui ne croient pas en Allah et au Jour dernier, et dont les cœurs sont emplis de doute. Ils ne font qu’hésiter dans leur incertitude. » (9:45)

Plusieurs savants musulmans affirment que les maladies du cœur (c’est-à-dire les doutes et soupçons qu’une personne laisse s’insinuer dans son cœur) sont plus dangereuses pour sa foi que ses désirs et passions. Cela parce que même si une personne, parfois, satisfait ses désirs et passions, elle sait que ce qu’elle fait est mauvais et elle peut décider de faire des efforts pour se contrôler, de se repentir et de renoncer à ces mauvaises actions. Par contre, les doutes et soupçons peuvent demeurer dans le cœur, devenir persistants et, sans aucun remède, amener la personne à renier complètement l’islam. Dans certains cas, la personne continue, extérieurement, à pratiquer l’islam alors que dans son cœur, il ne subsiste pas la moindre parcelle de foi.

Le meilleur remède pour contrer ces doutes est la recherche du savoir. C’est par une connaissance solide du Coran et de la Sounnah que la plupart de ces doutes s’estomperont. C’est par l’étude et la compréhension que l’on atteint la certitude. Au fur et à mesure qu’une personne étudie et apprend, sa certitude s’accroît. Voici un exemple pour illustrer mon propos, un exemple qui se rapporte à tous les doutes, soupçons et idées reçues qui circulent sur l’authenticité des hadiths en général. Certains musulmans prétendent qu’aucun hadith n’a jamais été recueilli dans les deux siècles suivant la mort du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui). Autrement dit, les premiers hadiths n’auraient été recueillis qu’à ce moment-là (deux siècles après sa mort). En fait, il y a des musulmans qui semblent entretenir beaucoup de soupçons au sujet des hadiths en général et qui les rejettent en utilisant l’argument sus-mentionné. Pourtant, si l’on prend la peine d’étudier l’histoire des hadiths et la façon dont ils ont été préservés, on comprendra rapidement que ces prétentions et accusations à l’encontre des hadiths ne sont pas scientifiquement fondées. Ce ne sont que de fausses accusations venant de Shaytan que les musulmans possédant peu de connaissances et de compréhension laissent s’insinuer dans leur cœur.

J’aimerais faire une dernière remarque au sujet de cette condition de certitude. Comme j’y ai fait allusion plus haut, les doutes et les idées reçues peuvent être très dangereux pour la foi d’une personne. Les doutes et l’incertitude du cœur équivalent à l’apostasie, en islam. Par conséquent, si une personne a un associé ou un ami (même si cet ami est musulman) qui la fait constamment douter au sujet d’Allah ou de sa religion, elle devrait s’en éloigner afin de protéger sa foi. De nos jours, nous voyons beaucoup de musulmans suivre des cours sur l’islam enseignés par des orientalistes et, à cause de leur manque de connaissances islamiques, ils sont influencés par les absurdités que ces orientalistes leur enseignent au nom de la « science ».

De même, plusieurs de nos frères et sœurs, de nos jours, passent des heures et des heures devant leur ordinateur à clavarder sur des forums de discussions et des babillards électroniques. Beaucoup de choses complètement insensées et mensongères sont véhiculées sur ces forums et babillards. Et encore une fois, celui dont les connaissances sur l’islam ne sont pas très solides risque d’être facilement influencé, pour ne pas dire affecté par les idées reçues et arguments fallacieux qu’il y trouve régulièrement. Il est donc plus prudent de se tenir à l’écart de ces sites et de parfaire ses connaissances islamiques par l’intermédiaire de sources authentiques.

Encore une fois, la plus grande force qui puisse vaincre les doutes et les idées reçues d’une personne, après qu’Allah l’ait guidée, sont de solides connaissances, accompagnées d’une bonne compréhension de la religion. Lorsqu’une personne possède cela, elle ne sera pas affectée par les faibles arguments avancés par les ennemis de l’islam et elle sera, si Allah le veut, comptée parmi ceux ainsi décrits dans le Coran :

« Parmi Ses serviteurs, seuls les savants craignent Allah. » (35:28)

La TROISIÈME condition est L’ACCEPTATION (ou al-qabool)

Si une personne a une bonne compréhension de la shahadah et est convaincue de la vérité qu’elle contient, elle doit ensuite accepter, dans son cœur, tout ce que cette shahadah implique, et cela doit être manifeste dans ses paroles. Quiconque refuse d’accepter la shahadah et tout ce qu’elle implique est un mécréant, même s’il sait que c’est la vérité et qu’il en a la certitude. Ce refus d’accepter est parfois dû à de l’arrogance ou à de l’envie, tout comme il peut être dû à d’autres raisons. Mais quelles que soient les raisons, la shahadah n’est pas une véritable shahadah si elle n’est pas acceptée de façon inconditionnelle.

Les savants musulmans parlent habituellement de cette condition comme d’une condition générale. Cependant, elle possède un aspect plus détaillé dont nous devons tous être conscients. Le croyant accepte toutes les implications de la shahadah, quelles qu’elles soient. Cela signifie qu’il croit également à tout ce que déclare le Coran et à tout ce qu’a déclaré le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) et ce, sans avoir le droit de choisir de croire en certaines choses et d’en rejeter d’autres. Allah dit, dans le Coran :

« Croyez-vous donc en une partie du Livre et rejetez-vous le reste? Ceux d’entre vous qui agissent de la sorte ne méritent que l’ignominie dans cette vie, et au Jour de la Résurrection, ils seront refoulés au plus dur châtiment… » (2:85)

C’est là un aspect important dont tous les musulmans doivent être conscients. Bien que ce ne soit pas équivalent à un refus total d’accepter la vérité, celui qui rejette une partie de la vérité venue d’Allah annule du coup sa profession de foi.

Malheureusement, de nos jours, un grand nombre de musulmans se rendent coupables de cela de différentes façons. Bien que toutes les formes que prend ce rejet ne soient pas considérées comme une apostasie, elles demeurent très dangereuses. Un exemple courant est lorsqu’un musulman n’aime pas ce que dit un verset du Coran et qu’il le réinterprète de façon à ce que sa signification lui plaise. S’il n’aime pas ce qui est écrit dans un hadith, il n’hésite pas à remettre en doute son authenticité, bien qu’il n’ait aucune connaissance en science du hadith. Ce genre de comportement est complètement aux antipodes de celui des véritables croyants. Tout ce qui vient d’Allah et de Son messager (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui), le véritable musulman y croit et l’accepte, car cela va de pair avec sa profession de foi.

La QUATRIÈME condition est la SOUMISSION et LE FAIT DE SE CONFORMER (ou al-inqiyad)

Il s’agit de la mise en application de notre shahadah. En fait, c’est là l’une des principales significations du mot « islam » : la soumission à la volonté d’Allah. C’est ce qu’Allah ordonne dans le Coran :

« Et revenez repentant à votre Seigneur, et soumettez-vous à Lui… » (39:54)

Allah fait l’éloge de ceux et celles qui, à travers leurs actions, se soumettent à Ses ordres :

« Qui est meilleur en religion que celui qui soumet son être à Allah, tout en se conformant à la Loi révélée…? » (4:125)

En fait, Allah a fait de la soumission à Ses ordres et à ceux de Son messager (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) une condition de la foi. Allah dit :

« Non! Par ton Seigneur! Ils ne seront pas croyants aussi longtemps qu’ils ne t’auront demandé de juger de leurs disputes et qu’ils n’auront éprouvé nulle angoisse pour ce que tu auras décidé, et qu’ils ne se soumettront complètement [à ta sentence]. » (4:65)

Certains prétendent qu’il n’y a aucune relation entre la foi et les actions. Il nous arrive même d’entendre un musulman parler d’un autre en disant : « C’est le meilleur musulman que j’aie jamais rencontré. » et pourtant, c’est à peine si ce musulman accomplit les actions auxquelles on s’attend chez un croyant. Cette mauvaise compréhension, cette façon biaisée de comprendre la foi et la religion s’est rapidement répandue à travers tout le monde musulman.

En fait, on doit pouvoir trouver les manifestations de notre shahadah, ou profession de foi, dans notre cœur, dans nos paroles et dans nos actions. Dans notre cœur, nous devons ressentir envers Allah de l’amour et de la crainte, ainsi que de l’espoir par rapport à Lui. Par nos paroles, nous devons déclarer la shahadah. Et avec nos actions, nous devons mettre en application tout ce qu’exige de nous la shahadah. Quiconque prétend être musulman mais ne fait aucune action qu’exige la shahadah, soit il ne comprend rien à l’islam, soit il témoigne contre lui-même, c’est-à-dire qu’il prouve, par son absence d’actions, que sa déclaration de foi n’est ni sincère ni acceptable.

Cela ne signifie aucunement que le véritable croyant ne commet jamais de péchés. En fait, tous les croyants commettent des péchés. Mais tant qu’ils reconnaissent que ce qu’ils ont fait était incorrect et que c’était en contradiction avec leur obligation de se soumettre à Allah, ils ne violent pas la validité de leur shahadah. Il ne faut cependant pas oublier qu’ils restent des pécheurs.

Et quel est le minimum de soumission requis en-deçà duquel une personne ne peut prétendre être croyante? Pour les savants musulmans qui sont d’avis que l’abandon de la prière est un acte de mécréance, ce sont les cinq prières quotidiennes. Quiconque ne fait pas au moins les cinq prières quotidiennes ne fait donc même pas le minimum requis pour demeurer au sein de l’islam. Et Allah sait mieux.

La CINQUIÈME condition est la VÉRACITÉ, par opposition à l’hypocrisie

Cela signifie que lorsque nous prononçons la shahadah, nous disons la vérité; nous ne mentons pas. Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Quiconque atteste que nul ne mérite d’être adoré en dehors d’Allah, et qui l’atteste sincèrement, du fond de son cœur, Allah ne permettra pas au feu de l’Enfer de le consumer. » (Boukhari et Mouslim)

Nous connaissons tous des gens qui s’amusent à prononcer la shahadah, mais qui ne le font pas honnêtement. Ils n’y croient pas : ils ne font que la prononcer dans le but de se protéger ou d’en tirer quelque profit. Ce sont de véritables hypocrites. Allah les a décrits en ces termes dans la sourate al-Baqarah du Coran :

« Parmi les gens, il y a ceux qui disent : « Nous croyons en Allah et au Jour dernier », tandis qu’en fait, ils n’y croient pas. Ils cherchent à tromper Allah et les croyants; mais ils ne trompent qu’eux-mêmes et ils ne s’en rendent pas compte. Il y a dans leur cœur une maladie de doute et d’hypocrisie, et Allah laisse croître leur maladie. Ils auront un châtiment douloureux pour avoir menti. » (2:8-10)

Manifestement, la shahadah de ceux qui deviennent musulmans uniquement par intérêt personnel et non parce qu’ils croient à l’islam sera rejetée par Allah dans l’au-delà. Et ils auront à endurer un sévère châtiment à cause de leur mensonge et de leur hypocrisie.

La SIXIÈME condition est la SINCÉRITÉ (ou ikhlas)

C’est-à-dire que lorsque nous prononçons la shahadah, nous devons le faire uniquement pour Allah. Nous ne devons le faire pour aucune autre raison. Et nous ne devons le faire pour rien ni personne en dehors d’Allah. Considéré de cette façon, le sens que l’on donne ici au mot « sincérité » est opposé au mot « shirk », ou le fait d’attribuer à Allah des associés. Nous devenons et demeurons musulmans uniquement pour Allah. Allah dit, dans le Coran :

« Adore donc Allah en lui vouant un culte exclusif. » (39:2)

Allah dit également :

« Il ne leur a été commandé, cependant, que d’adorer Allah, Lui vouant un culte exclusif, d’accomplir la salat et d’acquitter la zakat. Et voilà la religion de droiture. » (98:5)

Et le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Allah a interdit l’entrée au feu de l’Enfer de quiconque dit « nul ne mérite d’être adoré en dehors d’Allah » et qui ne le dit que parce qu’il recherche la Face d’Allah [Sa satisfaction]. » (Mouslim)

C’est là une chose à laquelle nous devrions tous réfléchir. Surtout ceux d’entre nous qui sont nés dans une famille musulmane et qui y ont grandi. Nous devons faire un examen de conscience et nous assurer que nous sommes musulmans uniquement pour Allah et non pas pour faire plaisir à nos parents, à notre famille élargie ou à notre communauté. Nous devons avoir l’intime certitude d’être musulmans avant tout pour Allah et uniquement pour Lui.

L’un des signes démontrant que nous sommes musulmans pour Allah avant tout est que nous faisons tout ce qu’Il nous demande de faire, indépendamment de ce que les autres, parents ou amis, attendent de nous. Comme nous sommes musulmans uniquement pour Allah, toutes nos actions doivent être faites pour Lui et dans la recherche de Sa satisfaction.

Tous ne remplissent pas cette condition de sincérité essentielle à la shahadah. Certains musulmans ne pratiquent l’islam que jusqu’à un certain point, pour demeurer dans les bonnes grâces de leur famille. S’il y a quoi que ce soit, dans l’islam, que leur famille n’aime pas – bien que ces familles soient musulmanes et qu’elles devraient, normalement, aimer l’islam dans toute son intégrité – ils ne mettent pas en pratique cet aspect de l’islam. Un exemple très courant est le fait d’entretenir des relations sociales avec les personnes du sexe opposé. On voit souvent un frère qui, en occident, où il vit, reste toujours à l’écart des femmes, et dont l’épouse reste à l’écart des hommes. Mais lorsqu’ils retournent dans leur pays d’origine où leur famille n’aime pas particulièrement cette règle islamique, ils n’ont aucun problème à compromettre leur religion et ils obéissent immédiatement et avec plaisir à leurs parents afin que ces derniers soient contents d’eux. Ces gens devraient sincèrement se demander pour quelle raison ils sont musulmans. Le sont-ils pour leurs parents et par conséquent, ils appliquent de l’islam ce qui plaît à leurs parents et rejettent ce qui leur déplaît? Ou sont-ils musulmans pour Allah et par conséquent, ils se gardent de faire ce qui Lui déplaît et s’empressent de faire ce qu’Il aime?

La SEPTIÈME condition est L’AMOUR

C’est-à-dire que le croyant aime la shahadah, il aime en fonction de cette shahadah, il aime ses implications et ses exigences, et il aime ceux qui s’y conforment et qui s’efforcent d’agir en fonction d’elle. C’est là une condition essentielle de la shahadah. Car si une personne prononce la shahadah mais ne l’aime pas et n’aime pas ce qu’elle représente, sa foi n’est pas complète et elle n’est pas celle d’un véritable croyant. Et s’il aime une chose plus qu’il n’aime cette shahadah, et s’il aime une chose plus qu’il n’aime Allah, alors il annule sa shahadah. Dans son amour, le véritable croyant, c’est-à-dire celui qui remplit les conditions de la shahadah, ne met rien ni personne à égalité avec Allah.

Allah dit, dans le Coran :

« Parmi les hommes, il en est qui prennent, en dehors d’Allah, des égaux à Lui, en les aimant comme on aime Allah. Or, les croyants sont les plus ardents en l’amour d’Allah. » (2:165)

Dans un autre verset, Allah dit :

« Dis : « Si vos pères, vos enfants, vos frères, vos épouses, vos clans, les biens que vous gagnez, le négoce dont vous craignez le déclin et les demeures qui vous sont agréables vous sont plus chers qu’Allah, Son messager et la lutte dans le sentier d’Allah, alors attendez qu’Allah fasse venir Son ordre [l’accomplissement de Sa menace]. Et Allah ne guide pas les gens pervers. » (9:24)

Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Quiconque possède ces trois caractéristiques a goûté à la douceur de la foi : la première est qu’il aime Allah et Son messager plus que quiconque… ». (Boukhari, Mouslim)

C’est là l’un des plus importants aspects de l’islam et pourtant, il est étonnant de constater son absence de la vie de nombreux musulmans. Ils agissent comme si l’islam était une corvée plutôt que de faire les choses par amour pour Allah. Lorsque Allah nous ordonne de faire une chose, nous devons comprendre que cette chose Lui plaît et par conséquent, par amour pour Lui, nous devrions être heureux de faire des choses qui Lui plaisent. Mais comme je l’ai mentionné, il est déplorable de constater l’absence de ce sentiment chez beaucoup, beaucoup de musulmans de nos jours.

La HUITIÈME condition est que la personne qui prononce la shahadah doit NIER TOUS LES AUTRES OBJETS D’ADORATION

Bien que cela semble évident de par les termes mêmes contenus dans la shahadah, il semble que ce ne soit pas si évident pour certains d’entre ceux qui déclarent cette shahadah. C’est pourquoi il importe de le mentionner de façon explicite ici.

Dans la sourate al-Baqarah, Allah nous rappelle clairement cet aspect important de la shahadah. La shahadah n’est pas qu’une affirmation; elle est à la fois une affirmation et une négation. Allah dit :

« Quiconque rejette les fausses déités et croit en Allah saisit l’anse la plus solide, qui ne peut se briser. » (2:256)

Peut-être le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) en a-t-il parlé de façon encore plus claire lorsqu’il a dit : « Quiconque affirme que nul ne mérite d’être adoré en dehors d’Allah et qui rejette tout ce qui est adoré en dehors de Lui, ses biens et son sang sont protégés et son sort est entre les mains d’Allah. » (Mouslim)

Bien que cette condition puisse sembler évidente à quiconque professe la shahadah, nous trouvons toujours des musulmans qui accomplissent des actes d’adoration pour des choses ou des êtres autres qu’Allah. Par exemple, nous les voyons se rendre dans les cimetières adorer ceux qui se trouvent dans les tombes. Ils y accomplissent des actes d’adoration non pas pour Allah, mais pour les « saints » qui se trouvent dans les tombes. Quel genre de shahadah ces gens ont-ils prononcé? Croyez-vous réellement que leur shahadah aura quelque signification au Jour du Jugement?

La NEUVIÈME condition est que le musulman RESTE FIDÈLE À LA SHAHADAH JUSQU’À SA MORT

Cette condition est indispensable à l’au-delà. Vous ne pouvez vous asseoir sur vos lauriers et vous sentir en sécurité à cause de ce que vous avez accompli dans le passé. En fait, votre shahadah doit demeurer votre bannière jusqu’à votre mort. Le Prophète (paix et bénédiction d’Allah soient sur lui) a dit : « Un homme peut passer presque toute sa vie à accomplir les actions des gens du Paradis et terminer sa vie en accomplissant les actions des gens du Feu. Et un homme peut passer presque toute sa vie à accomplir les actions des gens du Feu et terminer sa vie en accomplissant les actions des gens du Paradis. » (Boukhari, Mouslim)

Dans un autre hadith, il dit : « Par Celui en dehors de qui il n’y a pas d’autre dieu! L’un de vous accomplit les actions des gens du Paradis jusqu’à ce que le Paradis soit à portée de sa main et alors, son destin le rattrape et il se met à accomplir les actions des gens de l’Enfer et c’est là qu’il finit par entrer. » (Boukhari, Mouslim)

Et Allah dit, dans le Coran :

« Ô les croyants! Craignez Allah comme Il doit être craint. Et ne mourez qu’en pleine soumission. » (3:102)

Chers frères et sœurs, ce sont là les conditions de la shahadah. Ce sont là les aspects de la shahadah au sujet desquels chacun d’entre nous doit se demander : « Est-ce que ma shahadah répond à ces exigences? Est-ce que je la prononce sincèrement, honnêtement et purement par amour pour Allah? Est-ce que je la professe en connaissance de cause, en sachant réellement ce qu’elle signifie? Est-ce que je rejette, dans mes pratiques, tous les faux objets d’adoration?… ».

Nous devons nous poser ces questions maintenant. Nous devons nous poser ces questions avant que vienne le moment de rencontrer Allah. Si Allah le veut, nous nous poserons ces questions maintenant et nous constaterons que nos réponses sont toutes les bonnes. Ou alors, si nous trouvons quelques déficiences, nous nous efforcerons d’y remédier aussitôt. Afin que, par la grâce d’Allah, notre shahadah soit, dans l’au-delà, notre clé pour le Paradis et que les portes du Paradis s’ouvrent grandes à nous pour que nous puissions y vivre éternellement tout en sachant Allah satisfait de nous.

Encore une fois, ce n’est pas seulement une question de connaître ces conditions. En fait, nous pouvons rencontrer beaucoup de musulmans qui connaissent par cœur ces conditions, mais lorsque nous les regardons agir, nous constatons rapidement qu’elles n’ont aucun effet sur eux. Même s’ils les connaissent très bien, ils ne les remplissent pas. Et dans l’au-delà, la connaissance de ces conditions ne leur sera d’aucune utilité. En fait, leur connaissance servira de preuve contre eux, car ils auront démontré qu’ils n’avaient aucun désir de remplir ces conditions au cours de leur vie sur terre.

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