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Ce dont nous, musulmans, avons besoin aujourd’hui, c’est de voir les choses sous un angle différent ; nous avons besoin de prendre du recul afin de juger notre situation à la lumière des lois qu’Allah a implantées au sein de Sa création et du message avec lequel Il nous a envoyé Son Messager, sallallahu ‘alayhi wa sallam.
« Ne faiblissez pas dans la poursuite du peuple ennemi. Si vous souffrez, lui aussi souffre comme vous souffrez, tandis que vous espérez d’Allah ce qu’il n’espère pas. Allah est Omniscient et Sage. » (Coran, 4:104)
À plusieurs reprises, au cours de sa vie, le Messager d’Allah, sallallahu ‘alayhi wa sallam, a annoncé la bonne nouvelle à ses compagnons et les a réconfortés alors qu’ils traversaient des périodes extrêmement difficiles.
Il peut nous arriver de croire qu’il n’y a aucune issue pour la Oummah et que tout est perdu ; mais nous devons nous rappeler qu’Allah nous a promis la victoire, victoire qui viendra lorsqu’Il l’aura décidé de par Sa sagesse. Nous sommes présentement en situation de faiblesse et nous savons et devons garder à l’esprit qu’elle changera pour une situation de force. On rapporte que l’Imam Ahmad a dit que le mensonge ne peut prédominer sur la vérité à moins que nos cœurs ne se désintéressent de cette vérité. Lorsque nous remplirons les conditions pour être victorieux, nous serons certains que la vérité prédominera sur le mensonge. Nous savons que la victoire est proche. Cela ne signifie pas pour autant que nous l’obtiendrons dans deux semaines. Pour Allah, elle est proche ; car Il fait même référence au Jour du Jugement en parlant de « demain » (Coran, 59:18)
Voici trois situations extrêmement pénibles tirées de la vie du Prophète, au cours desquelles il a rassuré ses compagnons et leur a annoncé la bonne nouvelle.
Le Prophète, sallallahu `alayhi wa sallam, à Ta'if
« Lorsque les attaques et les conspirations de Qouraysh augmentèrent, après la mort de l’oncle et de l’épouse du Prophète, sallallahu ‘alayhi wa sallam, il se dirigea vers Ta’if dans l’espoir de retirer de ce voyage plus d’attention et de soutien pour son message. Mais au contraire, ils le chassèrent de la manière la plus brutale. Ils encouragèrent leurs fils à lui jeter des pierres, ce qu’ils firent jusqu’à ce qu’il ait les jambes en sang. » (Al-Sibai : « La Seerah du Prophète », p.36)
« Après avoir reçu ce genre de soutien au départ, suivi de la dépression, de la consternation et de la tristesse qui l’avaient assailli après qu’il eût été chassé de Ta’if, il se tourna en direction de la Mecque avec une détermination nouvelle afin de reprendre l’exécution de son plan initial qui était de mettre les gens en contact avec l’islam et de leur transmettre le Message d’Allah. Il le fit avec beaucoup de ferveur et avec un enthousiasme sans égal.
Zaid bin Harithah, son compagnon, lui dit : « Comment peux-tu te hasarder à la Mecque après que Qouraysh t’en ait expatrié ? » Le Prophète, sallallahu ‘alayhi wa sallam, lui répondit : « Écoute, Zaid : Allah nous apportera sûrement Son secours et il ne fait aucun doute qu’Il soutiendra Sa religion et Son prophète. » [Al-Moubaarakfouri: Ar-Raheeq al-Makhtoom, "The Third Phase Calling Unto Islam Beyond Makkah"]
Le Prophète, sallallahu `alayhi wa sallam, avec Abou Bakr pendant la Hijrah
« Les notables de la Mecque convoquèrent une réunion d’urgence afin de déterminer la ligne de conduite à adopter et d’étudier tous les moyens pouvant mener à l’arrestation des deux hommes. Ils décidèrent de bloquer toutes les routes menant à l’extérieur de la Mecque et installèrent des gardiens lourdement armés à toutes les sorties potentielles. La tête de chacun fut mise à prix ; on offrit une prime de cent chameaux à qui arriverait à les capturer. Des cavaliers, des soldats et des traqueurs parcoururent le pays à leur recherche. Une fois, ils atteignirent même l’entrée de la grotte dans laquelle se cachaient le Prophète, sallallahu ‘alayhi wa sallam, et Abou Bakr. Lorsqu’il vit l’ennemi si près d’eux, Abou Bakr murmura au Prophète, sallallahu ‘alayhi wa sallam : « Et s’ils décidaient de regarder par la crevasse et nous trouvaient ? » Le Prophète, sallallahu ‘alayhi wa sallam, tout à fait calme, répondit : « Tais-toi, Abou Bakr ! Que penses-tu de deux personnes dont le troisième compagnon est Allah ? » Ce fut réellement un miracle : les poursuivant, à deux pas de la grotte, ne les trouvèrent jamais. [Al-Moubaarakfouri: Ar-Raheeq al-Makhtoom, " Migration of the Prophet"]
« Dans une autre version par Abou Bakr, radhia allahu anhu, il dit : « Nous décidâmes d’émigrer alors que les Mecquois étaient à nos trousses. Nul ne parvint à nous rattraper sauf Souraqah bin Malik bin Jou’sham, qui était à cheval. Je dis : « Ô Messager d’Allah, celui-là est entrain de nous rattraper ! » Le Prophète, sallallahu ‘alayhi wa sallam, répondit : « Ne te décourage pas, car Allah est certainement avec nous. » [Al-Moubaarakfouri: Ar-Raheeq al-Makhtoom, " Migration of the Prophet"]
La bataille des trnchées
« C’était l’hiver, l’air était froid et une famine sévissait à Médine. Cette dernière était sur le point d’être assiégée et rien ne détruit plus l’esprit de résistance que le désespoir ; car si jamais les assiégés venaient à y succomber, ils s’orienteraient sans autre alternative vers une reddition humiliante. C’est pour cette raison que le Prophète, sallallahu ‘alaihi wa sallam, fit tout son possible pour remonter le moral et stimuler la volonté de ses hommes afin qu’ils aient la certitude que les épreuves qui les attendaient n’étaient que des nuages passagers qui allaient vite se disperser et qu’ensuite, l’islam poursuivrait son ascension et les gens l’embrasseraient en grand nombre. Il voulait que ses hommes aient également la conviction que les forteresses de la tyrannie allaient s’écrouler et que ni les complots ni la peur de leurs ennemis ne les atteindraient. En politique, l’espoir inébranlable doit toujours accompagner chaque effort déployé dans le but de la victoire. »
« Alors qu’ils creusaient les tranchées, leurs pelles frappèrent un obstacle de taille : une énorme roche qui refusait obstinément de bouger. Le Prophète, sallallahu ‘alayhi wa sallam, prit une bêche, en frappa la roche, et cette dernière se transforma immédiatement en dune de sable. Dans une autre version, Al-Bara’ dit : « Le jour des tranchées, nous rencontrâmes, en creusant, une roche beaucoup trop grosse et trop dure pour que nous puissions la briser avec nos outils. Nous allâmes donc demander conseil au Messager d’Allah, sallallahu ‘alayhi wa sallam. Il prit une bêche et en frappa la roche en disant « au nom d’Allah, Allah est le plus grand, les clés du Sham sont miennes, je jure par Allah que je peux voir ses palais en ce moment ». En frappant une deuxième fois, il dit : « Allah est grand, la Perse est mienne, je jure par Allah que je vois en ce moment le palais blanc de Madain ». Et lorsqu’il frappa la troisième fois, la roche se désintégra et il dit : « Allah est grand, les clés du Yémen m’ont été données, je jure par Allah que je vois en ce moment les portes de San’a. ». La même version a été rapportée par Ishaq. » [Al-Moubaarakfouri: Ar-Raheeq al-Makhtoom, "Al-Ahzab (the Confederates) Invasion"]
« Alors, lorsque les coalisés s’élancèrent sur Médine et l’assiégèrent étroitement, les musulmans ne se laissèrent pas aller au désespoir. Au contraire, ils firent courageusement face à la triste réalité avec au cœur la certitude inébranlable d’un meilleur avenir.
« Et quand les croyants virent les coalisés, ils dirent : « Voilà ce qu’Allah et Son messager nous avaient promis ; et Allah et Son messager disaient la vérité. » Et cela ne fit qu’accroître leur foi et leur soumission. » [Coran, 33:22]
Quant aux faibles, aux douteurs et à ceux qui avaient une maladie au cœur, ils se moquèrent des promesses de victoire qui pour eux, n’étaient en réalité que le désir de gens qui se complaisent dans les illusions. Ils dirent :
« Il vous dit qu’il voit de Yathrib les palais de Hirah et la ville de Kisra, et vous êtes là à creuser des tranchées, et avez tellement peur que vous ne voulez même pas vous éloigner pour aller faire vos besoins ! »
Allah dit, à leur sujet :
« Et quand les hypocrites et ceux qui ont la maladie (le doute) au cœur disaient : « Allah et Son messager ne nous ont promis que tromperie ». [Coran, 33:12]
[Muhammad Al-Ghazali, Fiqh us-Seerah, p. 310-311]
Douze ou treize ans plus tard, la promesse faite par le Prophète, sallallahu ‘alayhi wa sallam, au sujet de la Perse se réalisa.
Il serait bon de souligner que les hypocrites d’aujourd’hui nous disent, eux aussi, que les promesses d’Allah ne sont qu’illusions – ces hypocrites qui demandent des modifications et/ou des suppressions à la Shari’ah. Méfiez-vous d’eux, car ils ne promettent que des illusions.
« Et Allah est souverain en Son Commandement ; mais la plupart des gens ne savent pas. » [Coran, 12:21]