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Sourah Al-Fatiha (premier chapitre du Coran): un bref commentaire

Dr Ja’far Sheikh Idris

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux
Louange à Allah, Seigneur de l’univers.
Le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux,
Maître du Jour de la rétribution.
C’est Toi seul que nous adorons et c’est Toi seul dont nous implorons secours.
Guide-nous dans le droit chemin,
le chemin de ceux que Tu as comblés de faveurs,
non pas de ceux qui ont encouru Ta colère ni des égarés.

Ces mots, nous dit le prophète Mohammed (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui), sont les mots les plus importants qu’Allah ait jamais révélés à un prophète ; rien ne leur ressemble dans aucune écriture divine, pas même dans le Coran. Comment s’en étonner alors qu’en prononçant ces mots, nous professons notre croyance aux faits les plus importants concernant notre Créateur et nous Lui demandons de nous accorder les choses les plus essentielles dont nous ayons besoin pour devenir Ses véritables serviteurs.

Louange à Allah
Lorsque nous déclarons que toutes les louanges sont à Allah, nous reconnaissons le fait que Lui seul possède tous les attributs de perfection et que Lui seul accorde tous les bienfaits dont jouissent toutes les créatures quelles qu’elles soient. Et comme la gratitude est l’essence même de l’adoration, nous reconnaissons également qu’Il est le seul qui mérite d’être adoré.

Seigneur de l’univers
Le mot Rabb (Seigneur), en arabe, signifie « celui qui possède, qui crée, qui maintient et qui prend soin de tout ce qui existe ». Le seul lien qui existe entre Lui et tout être vivant est celui de Créateur envers Ses créatures. Il ne peut donc être considéré comme un père dans le sens réel du terme ; « Créateur » et « père » sont une contradiction dans les termes. Un enfant n’est pas créé, il est engendré. C’est pour cette raison que le Coran, à plusieurs reprises, rappelle à ceux qui prétendent qu’Allah a enfanté – les Arabes qui disaient que les anges étaient les filles d’Allah, les chrétiens qui affirment que Jésus est le fils d’Allah et une certaine secte juive qui, par le passé, croyait que Ezra était le fils d’Allah – qu’Allah est celui qui crée et qui possède tout.

Le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux
es deux mots arabes Rahman et Rahim sont deux formes intensives d’une racine qui signifie « miséricorde ». Le mot Rahman est plus intensif que Rahim et fait référence à cette miséricorde de Dieu qui enveloppe tout, Sa miséricorde envers toute Sa création dans cette vie comme dans l’au-delà. Le mot Rahim, lui, fait référence à Sa miséricorde particulière destinée aux croyants. Donc, aucun être créé ne peut être Rahman, mais on peut décrire certains êtres créés en utilisant le terme Rahim, mais dans un sens particulier et limité.

Maître du Jour de la rétribution
De chaque journée Dieu est le Maître, tout comme Il est le Maître de toute chose. Bien que certaines personnes soient maîtres d’autres personnes ou de choses (toujours dans un sens limité) ou qu’elles prétendent l’être, nul ne pourra être ou ne pourra prétendre être le maître de quiconque ou de quoi que ce soit au Jour de la rétribution. Ce jour-là, Allah demandera à toute Sa création : « À qui appartient la souvenaineté, aujourd’hui ? » Et il recevra comme réponse : « À Allah, l’Unique, le Dominateur Suprême ». Cela nous rappelle que ce monde n’est qu’une étape transitoire sur le chemin menant à la demeure dernière où nous serons soit récompensés soit châtiés pour ce que nous faisons ici. Et ce fait, à son tour, nous rappelle que ce monde est temporaire, qu’il constitue un test, et qu’il fonctionne conformément à une loi morale à laquelle les lois naturelles et sociales ne peuvent être que subordonnées. Par conséquent, nous ne devrions jamais permettre aux contingences, parfois pressantes, dictées par notre environnement naturel du moment de prendre le dessus sur les considérations morales qui s’inscrivent à plus long terme.

C’est Toi seul que nous adorons et c’est Toi seul dont nous implorons secours
Les versets précédents servent en quelque sorte d’introduction à celui-ci. C’est comme si nous disions : parce que nous reconnaissons que toutes les louanges sont à Toi, que Tu es le Seigneur des mondes, que Tu es le Tout Miséricordieux et le Très Miséricordieux et que Tu es le seul Maître du Jour du jugement, nous déclarons que nous n’adorons que Toi et que nous ne cherchons secours auprès de nul autre que Toi. Ce verset souligne le fait que l’important n’est pas seulement d’adorer Allah, mais de n’adorer personne ni rien en dehors de Lui parce qu’Il est le seul qui mérite d’être adoré. Ne rien adorer en dehors d’Allah implique – entre autres – que nous n’obéissions qu’à Lui (dans tous les sens absolus), que nous n’aimions personne autant ou plus que Lui et que nous ne dirigions nos prières vers personne d’autre que Lui. Ne demander d’aide à nul autre qu’Allah ne signifie pas que nous ne devions pas offrir d’aide aux créatures d’Allah ni accepter la leur dans les choses d’ici-bas. Cela signifie que nous devons croire que même lorsque nous recevons ou que nous apportons une telle aide, cela ne peut venir que d’Allah, en fin de compte, car rien en ce monde ne se produit sans Sa volonté et Son pouvoir. C’est donc vers Lui que nous nous tournons lorsque nous avons besoin d’aide car c’est de Lui que nous dépendons de manière absolue.

Guide-nous dans le droit chemin
Après avoir reconnu toutes ces vérités au sujet d’Allah et après avoir déclaré que c’est Lui seul que nous adorons et que c’est Lui seul dont nous implorons secours, nous Lui demandons maintenant de nous accorder ce dont nous avons le plus besoin : de connaître et de suivre le chemin le plus court menant à Lui. Puisque nous savons qui est Allah et ce dont Il est capable, nous sommes convaincus que Lui seul peut nous guider et que Son chemin est accessible à tous ceux qui décident de l’emprunter. Et nous savons que c’est par les paroles d’Allah que nous pouvons être guidés, les paroles qu’Il a révélées à Ses prophètes comme Noé, Abraham, Moïse, Jésus et Mohammed. Et nous avons la certitude qu’aucun des livres par lesquels nous aurions pu être guidés n’est à notre disposition de nos jours, à l’exception d’un seul : le Coran. Et c’est dans ce livre divin que se trouve la description détaillée du droit chemin menant à notre Seigneur. Le droit chemin est nécessairement unique ; il ne change pas avec le temps ou en fonction des lieux. Les mots qui le décrivent doivent donc garder le même sens qu’ils avaient au moment de leur révélation. Avec l’approfondissement de nos connaissances, la richesse de nos expériences, la profondeur de nos études et de nos réflexions, nous pouvons toujours en apprendre plus au sujet de ce sens premier sans toutefois le contredire. Seules la compréhension et l’interprétation compatibles avec ce sens sont vraies ; toutes les autres doivent nécessairement être fausses.

Le chemin de ceux que Tu as comblés de faveurs
Le droit chemin décrit dans le Coran n’est pas un chemin purement théorique ; il s’agit d’un véritable chemin que certains, avant nous, ont emprunté. Afin de nous assurer que nous avons bien compris ce qu’est ce chemin, nous devons veiller à marcher sur leurs traces. Si notre destination est une ville bien connue dans laquelle se rendent chaque jour des centaines de voyageurs et que nous nous retrouvons seuls sur un chemin que nous croyions être le bon, nous savons que nous avons fait erreur.

Non pas de ceux qui ont encouru Ta colère ni des égarés
Ici, nous demandons à notre Seigneur de ne pas nous laisser approcher des chemins empruntés par deux genres de personnes déviantes : celles qui connaissent la vérité mais qui refusent de s’y conformer (et qui sont donc détestées d’Allah) et celles qui laissent leurs désirs et leurs opinions prévaloir contre leur religion et qui se sont donc égarées. Le Coran nous fournit des détails sur leurs principales déviations, parmi lesquelles les pires sont leur manque de respect envers Allah et Sa parole : ils prêtent à Allah des attributs imparfaits et parfois même injurieux ; ils déforment Ses paroles pour leur donner un sens qui soit en accord avec leurs désirs ou leurs préférences ; ils font cause commune avec les ennemis de Sa religion contre ceux qui y sont fidèles et ils commettent des immoralités au nom de leur religion.

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