• Home
  • Articles
  • Et Nous avons enjoint à l’homme d’être bon et dévoué envers ses parents

Et Nous avons enjoint à l’homme d’être bon et dévoué envers ses parents

par Shawana Abdul Aziz

Nos parents sont une véritable bénédiction d’Allah. Leur présence, cependant, est souvent prise pour acquis et leurs droits, souvent négligés, surtout lorsqu’ils vieillissent et deviennent dépendants de leurs enfants. Parler d’un ton rude ou contrarié à ses parents et répondre à leurs exigences en démontrant de l’agacement est devenu très répandu, tandis que l’islam nous enjoint d’être bons et obéissants envers eux, de respecter leurs droits et de préserver leur honneur, et qu’il nous met en garde contre le fait de manque d’égards à leur endroit et d’ignorer leurs droits. Allah dit, dans le Coran :

« Craignez Dieu, au nom duquel vous exigez (vos droits) les uns des autres; et craignez de rompre les liens du sang. » (Sourah an-Nissa (4):1)

Abou Hourayrah (radhi allahou anhou) a rapporté que le Messager d’Allah (sallallahou ‘alayhi wa sallam) a dit : « Allah créa les êtres et lorsqu'Il acheva la création, le lien de parenté se leva et dit: « (Ô Allah), ici même je cherche refuge auprès de Toi contre tous ceux qui rompent les liens de parenté. » - « Oui, répondit Allah. Seras-tu satisfait si Je rapproche de Moi celui qui te maintient et si Je romps avec celui qui te rompt? » - « Certes oui, Seigneur », répondit-il. – « Eh bien! Je te l'accorde », reprit Allah. » Le Messager d'Allah (sallallahou ‘alayhi wa sallam) ajouta : « Récitez ces versets, si vous voulez :

« Car si on vous donnait l’autorité, ne risqueriez-vous pas de semer la corruption sur terre et de rompre vos liens de parenté ? Ce sont ceux-là que Dieu a maudits… » [47:22] (Sahih al-Boukhari, Sahih Mouslim)

L’imam Ahmad a rapporté d’Abdoullah ibn Amr (radhi allahou anhou) que le Messager d’Allah (sallallahou alayhi wa sallam) a dit : « La matrice viendra, au Jour de la Résurrection, recourbée sur elle-même, en forme de rouet; elle parlera de façon très éloquente, demandant à ce que le lien soit rompu avec tous ceux qui auront rompu leur lien avec elle et que soit maintenu le lien avec tous ceux qui auront maintenu leur lien avec elle. » [Mousnad Ahmad (2:189)]

Ces ahadith soulignent l’importance de bien traiter les membres de sa famille, car il s’agit d’un moyen de se rapprocher d’Allah et d’obtenir Sa miséricorde. Négliger les droits des membres de sa famille est, au contraire, une façon d’encourir le mécontentement et la colère d’Allah. Par conséquent, il est impératif de maintenir les liens familiaux et encore plus lorsqu’il s’agit d’un lien utérin. Le Messager d’Allah (sallallahou ‘alayhi wa sallam) nous a mis en garde contre un mauvais comportement envers nos parents lorsqu’il a dit : « Trois actes rendront nulles les actions d’une personne : attribuer des associés à Allah, le ouqouq (l’ingratitude) envers ses parents, et fuir le champ de bataille. » (at-Tabarani)

Al-Hassan al-Basri a dit : « Al-Birr (l’obéissance) envers les parents implique le fait d’obéir à leurs ordres, sauf lorsque ceux-ci constituent une désobéissance envers Allah. Par opposition, le ouqouq (l’ingratitude) implique le fait de négliger ses parents et de ne point leur démontrer de gentillesse. » (Ad-Dourr al-Manthout, vol.5, p.259)

Ibn Abbas (radhi allahou anhou) a dit : « Allah ouvre deux portes (du Paradis) à chaque musulman qui est dévoué envers ses deux parents, n’espérant en cela que la récompense d’Allah, et une porte s’il ou elle n’a qu’un seul parent (envers qui il ou elle est dévoué). De plus, si une personne met un de ses parents en colère, Allah ne sera satisfait d’elle que lorsque ses parents lui pardonneront. » On lui demanda : « Même s’ils avaient été injustes envers leur enfant? » Il répondit : « Oui, même s’ils avaient été injustes. » (al-Baihaqi)

Celui qui respecte les droits de ses parents a donc choisi une voie menant au Paradis, tandis que celui qui néglige leurs droits est vraiment privé d’une occasion unique d’accéder au Paradis, car obéir et honorer ses parents est un des moyens à notre disposition pour assurer notre salut. Abou Hourayrah a rapporté que le Prophète (sallallahou ‘alayhi wa sallam) a dit : « Qu’il soit déshonoré! Qu’il soit déshonoré! Qu’il soit déshonoré! » On lui demanda de qui il parlait. Il répondit : « Celui dont les parents, un seul ou les deux, auront atteint la vieillesse de son vivant, mais qui n’entrera pas au Paradis (en s’étant mis à leur disposition). » (Sahih Mouslim (4627))

Rendre service à ses parents est essentiel à tous les stades de leur vie, qu’ils soient jeunes ou vieux. Mais le hadith qui précède mentionne spécifiquement la vieillesse car c’est à cette période de leur vie qu’ils ont le plus besoin d’aide et de soins. C’est une offense très grave que de les laisser à eux-mêmes lorsqu’ils sont vieux, séniles et totalement dépendants d’autrui pour leurs besoins. Les négliger à ce stade de leur vie est un péché majeur. Abou Bakrah Noufaï Ibn al-Harith a rapporté que le Messager d’Allah (sallallahou ‘alayhi wa sallam) a dit : « Ne dois-je pas vous informer au sujet des plus grands des péchés majeurs? » Il posa cette question à trois reprises. Nous répondîmes : « Bien sûr, ô Messager d’Allah. » Il dit : « Le fait de donner des associés à Allah et l’ingratitude envers les parents… » (hadith reconnu par tous)

Il n’est pas si difficile de trouver le temps de s’occuper de ses parents, de voir à leurs besoins, de les respecter, de discuter avec eux, de les soutenir financièrement et moralement s’ils en ont besoin, d’écouter ce qu’ils ont à dire, de leur demander conseil et de leur démontrer de l’affection. Comment peut-on considérer cela comme difficile ou pénible alors qu’ils sont censés être les personnes les plus chères à notre cœur et l’abri vers lequel on se réfugie lorsque l’on est triste ou déprimé?

Non seulement l’islam ordonne-t-il l’obéissance envers les parents musulmans, il encourage également le maintient des liens familiaux avec les parents incroyants. Asma bint Abou Bakr a rapporté ce qui suit : « Ma mère vint me rendre visite à l’époque du Messager d’Allah (sallallahou ‘alayhi wa sallam), et elle était encore une moushrikah (une idolâtre). Je demandai au Messager d’Allah (sallallahou ‘alayhi wa sallam) : « Ma mère est venue me rendre visite pour me demander quelque chose; dois-je maintenir une bonne relation avec elle? » Il répondit : « Oui, maintiens une bonne relation avec elle. » (Sahih al-Boukhari (2477))

Telle est donc notre obligation, car aucun enfant ne pourra jamais s’acquitter de sa dette envers ses parents, qui ont subi épreuve sur épreuve pour l’élever. Ibn ‘Omar (radhi allahou anhou) vit une fois un homme qui faisait le tour de la Ka’aba en portant sa mère sur son dos. L’homme demanda à Ibn ‘Omar : « Me suis-je acquitté de mon devoir envers elle? » Ibn ‘Omar répondit : « Pas même pour une seule contraction! Cependant, ce que tu fais est bien et Allah te récompensera énormément pour le peu que tu auras pu faire. » (Al-Kabayr, p.42)

Zourah ibn Ibrahim rapporte qu’un jour, un homme vint voir ‘Omar (radhi allahou anhou) et lui dit : « Ma mère est très vieille et incapable d’aller elle-même répondre à ses besoins naturels, alors je la transporte sur mon dos. Je l’aide également à se nettoyer tout en détournant d’elle mon visage (par respect). Me suis-je acquitté de mon devoir envers elle? » ‘Omar (radhi allahou anhou) répondit : « Non. » L’homme dit : « Même si je la transporte sur mon dos et que je m’épuise à son service? » ‘Omar dit : « Elle faisait la même chose pour toi (lorsque tu étais petit) tout en espérant te voir grandir et vivre; tandis que toi, tu le fais en attendant qu’elle s’en aille (i.e. qu’elle meure). » (Birr-oul-Walidain, par Ibn Jawzi)

Respecter ses parents et leur obéir est une façon de démontrer notre gratitude envers eux. Ibn Abbas (radhi allahou anhou) a dit : « Il y a trois versets qui sont reliés à trois choses, et ils sont inséparables. » Et il mentionna parmi eux le verset où Allah dit : « Sois reconnaissant envers Moi et envers tes parents. » (Sourah Louqman (31) :14) Et il commenta : « Quiconque remercie Allah mais n’est pas reconnaissant envers ses parents, ses remerciement envers Allah ne seront pas acceptés. C’est pourquoi le Prophète (sallallahou ‘alayhi wa sallam) a dit : « Le Seigneur est satisfait lorsque les parents le sont, et Il est en colère contre celui qui met ses parents en colère. » ( Sahih al-Jami (3500) et Silsilah as-Sahihah (516))

L’importance d’honorer et de servir ses parents est également soulignée dans les versets de la sourah Louqman, où Allah relate les conseils de Louqman à son fils. Tout de suite après lui avoir rappelé l’importance du tawhid (monothéisme pur), il conseille à son fils de se montrer bon et de bien se comporter envers ses parents. En effet, Allah mentionne dans le Coran :

« Et (rappelez-vous) lorsque Nous prîmes un engagement des enfants d’Israël en leur disant : « N’adorez nul autre que Dieu et soyez bons envers vos parents et votre famille, envers les orphelins et les indigents… » (Sourah al-Baqarah (2) :83)

Ibn Kathir (rahimahoullah) a ainsi commenté ce verset : « Allah a ordonné aux enfants d’Israël de L’adorer de façon exclusive et de ne point Lui associer qui que ce soit ou quoi que ce soit dans leur adoration. Cela, Il l’a en fait ordonné à toute Sa création, et c’est d’ailleurs la raison même pour laquelle Il nous a créés. Le droit le plus important d’Allah est d’être adoré de façon totalement exclusive. Viennent ensuite les droits de la création, dont les plus importants sont ceux des parents. Par exemple, Allah a dit : « Sois reconnaissant envers Moi et envers tes parents. » (Sourah Louqman (31) :14) ( Moukhtasar Tafsir Ibn Kathir (vol.1, p.30))

Dans le Coran, Allah mentionne le plus souvent les droits des parents en même temps que Ses propres droits, et le fait de mentionner l’obligation d’être dévoué envers ses parents en même temps que l’obligation de L’adorer exclusivement souligne l’importance des droits des parents et la signification du birr (dévouement) envers eux.

« Et votre Seigneur a décrété de n’adorer que Lui et d’être bon envers ses parents. » (Sourah al-Isra (17) :23)

Allah a fait en sorte que les parents reçoivent rétribution et bénédictions pour les efforts parfois pénibles qu’ils déploient pour faire vivre et élever leur progéniture. De même, Allah a fait en sorte que les enfants reçoivent rétribution et bénédictions lorsqu’ils aident et servent leurs parents et qu’ils leur apportent joie et réconfort. Kab ibn Oujrah a rapporté : « Un homme passa près du Prophète (sallallahou ‘alayhi wa sallam) et ses compagnons remarquèrent et admirèrent la vivacité de son allure et dirent : « Ô Messager d’Allah ! Et si celui-là se mettait au service d’Allah ? » Et le Prophète de répondre : « S’il est sorti pour gagner de quoi nourrir ses jeunes enfants, il est au service d’Allah; s’il est sorti pour bien s’occuper de ses vieux parents, il est au service d’Allah; s’il est sorti pour trouver les moyens d’assurer sa propre subsistance et préserver son honneur [en s’abstenant de mendier], il est au service d’Allah. Mais s’il est sorti par orgueil et vanité, il est au service de Satan. » (at-Tabarani)

Par ailleurs, Allah a loué les prophètes (et surtout le prophète Yahya (Jean le Baptiste)) parce qu’ils étaient bons envers leurs parents lorsque ces derniers avaient atteint la vieillesse. La bonté est encore plus importante en temps de besoin qu’à d’autres moments et justement, c’est lorsqu’ils sont vieux et affaiblis que nos parents ont le plus besoin de nous. Dans le Coran, Allah dit, au sujet de Jean le Baptiste (‘alayhi salam) :

« Et il était pieux et dévoué envers ses parents. Il n’était ni insolent ni rebelle. » (Sourah Maryam (19) :14)

Allah a aussi loué ‘Issa (Jésus, ‘alayhi salam), car il était très dévoué et plein de gratitude envers sa mère. Il l’a d’ailleurs lui-même mentionné, lorsqu’il a dit : « Il [Allah] m’a rendu dévoué envers ma mère et Il ne m’a fait ni insolent ni misérable. » (Sourah Maryam (19) :32). Servir ses parents, donc, et être obéissant envers eux est une des caractéristiques des prophètes.

C’est lorsque les enfants consacrent suffisamment de temps au service de leurs parents, lorsqu’ils leur obéissent et s’acquittent de leurs devoirs envers eux (et surtout envers leur mère) qu’ils gagnent la satisfaction d’Allah et peuvent espérer entrer au Paradis.

Une fois, le Prophète (sallallahou ‘alayhi wa sallam) grimpa sur le minbar et dit : « Amine, amine, amine! » On lui demanda : « Ô Messager d’Allah, pourquoi as-tu dit « amine »? » Il répondit : « Jibril est venu me voir et m’a dit : « Ô Mohammed, il est damné celui qui entend ton nom et qui ne dit pas « paix sur lui ». Dis « amine ». Alors j’ai dit amine. Puis il a continué : « Il est damné celui qui voit commencer et se terminer le mois de Ramadan et qui n’a pas reçu le pardon d’Allah. Dis « amine ». Alors j’ai dit amine. Puis il a encore dit : « Il est damné celui dont les parents sont encore en vie alors qu’il a atteint l’âge adulte, et qui n’entre pas au Paradis [pour s’être mis à leur service]. Dis « amine ». Alors j’ai dit amine. » (Touhfat al-Ahwadhi (5:550)

La mère mérite encore plus d’être honorée et respectée que le père

La mère porte son enfant durant neuf mois, subissant peine sur peine; elle endure les difficultés de la grossesse, elle accouche, elle allaite, et elle se dévoue entièrement au service de son enfant : elle le protège, l’habille, le lave, etc. C’est pour cette raison que la mère mérite trois fois plus que le père d’être honorée et respectée, et que son enfant soit bon, serviable et obéissant envers elle, qui s’est tant fatiguée pour lui. Abou Hourayrah (radhi Allahou anhou) a rapporté ce qui suit : « Un homme vint voir le Prophète (sallallahou ‘alayhi wa sallam) et lui demanda : « Ô Messager d’Allah! Qui mérite le plus que je lui tienne compagnie? » Il dit : « Ta mère ». L’homme demanda : « Puis qui d’autre? ». Et le Prophète répondit : « Ta mère ». L’homme dit : « Et puis qui encore? ». Et le Prophète répondit : « Ta mère ». Et l’homme demanda à nouveau : « Et puis qui d’autre? », ce à quoi le Prophète (sallallahu ‘alayhi wa sallam) répondit : « Ton père ». (Sahih al-Boukhari (4/13) et Sahih Mouslim (2548))

Al-Hafidh ibn Hajar (rahimahoullah) a dit : « Selon Ibn Battal, ce que ce hadith signifie, c’est que la mère doit être honorée trois fois plus que le père. Il affirme que cela est relié aux difficultés de la grossesse, de l’accouchement et de l’allaitement. Ce sont là de dures épreuves qui ne sont vécues que par la mère, avant que le père n’entre en scène pour élever l’enfant avec elle. Le Coran mentionne d’ailleurs cette réalité dans le verset suivant :

« Et Nous avons enjoint à l’homme [la bienfaisance envers] ses père et mère. Sa mère l’a porté, [subissant pour lui] peine sur peine, et son sevrage a lieu au bout de deux ans. « Sois reconnaissant envers Moi et envers tes parents. Vers Moi est la destination (finale). » (Sourah Louqman (31): 14)

Ce hadith donne également à entendre que si le mari de la mère est pauvre et est incapable de subvenir à ses besoins, il revient alors au fils de la faire vivre. D’ailleurs, lorsqu’il revient au fils de dépenser pour subvenir aux besoins de ses parents, il doit donner priorité à sa mère sur son père. »

La gentillesse envers nos parents inclut également la façon dont nous marchons à leurs côtés, tel que le démontre l’histoire suivante. Abou Ghassan adh-Dhabbi marchait devant son père dans les rues de Médine. Alors Abou Hourayrah (radhi allahou anhou) le rejoignit et lui demanda : « Qui est cet homme qui marche derrière toi? » Il répondit : « Mon père ». Abou Hourayrah (radhi allahou anhou) dit : « Tu as manqué de bienséance et tu es allé à l’encontre de la sounnah. Ne marche pas devant ton père, mais seulement derrière lui ou à sa droite, et ne laisse personne vous séparer (lorsque vous marchez). Ne prends pas un os entouré de viande que tu as vu ton père regarder avant toi, car il se peut qu’il souhaite le prendre lui-même. Ne regarde pas ton père dans les yeux, ne t’assois pas avant qu’il ne se soit assis et ne te mets pas au lit avant qu’il ne se soit mis au lit. » (at-Tabarani)

Différents types de ouqouq (ingratitude) envers ses parents

Le Messager d’Allah (sallallahou ‘alayhi wa sallam) nous a mis en garde contre l’ingratitude envers nos parents lorsqu’il a dit : « Trois actes rendront nulles les actions d’une personne : attribuer des associés à Allah, le ouqouq (l’ingratitude) envers ses parents, et fuir le champ de bataille. » (at-Tabarani)

Al-Hassan al-Basri a dit : « Al-Birr (l’obéissance) envers les parents implique le fait d’obéir à leurs ordres, sauf lorsque leurs ordres constituent une désobéissance envers Allah. Par opposition, le ouqouq (l’ingratitude) implique le fait de négliger ses parents et de ne point leur démontrer de gentillesse. » (Ad-Dourr al-Manthout, vol.5, p.259)

Parmi les différents types d’ingratitude envers nos parents, on retrouve les suivants :

1. Causer du chagrin à ses parents par ses paroles ou ses actions. Allah dit, dans le Coran :

« Et votre Seigneur a décrété de n’adorer que Lui et d’être bon envers ses parents. Si l’un d’eux ou tous les deux atteignent la vieillesse auprès de toi, garde-toi de leur marquer la moindre répulsion ou de leur manquer de respect. Adresse-leur toujours des paroles respectueuses. Fais preuve d’humilité envers eux, témoigne-leur ta tendresse et dis : « Ô mon Seigneur! Sois miséricordieux envers eux, car ils m’ont élevé lorsque j’étais petit. » (Sourah al-Isra (17): 23)

Selon Ad-Daylami, al-Houssain ibn Ali a rapporté que le Prophète (sallallahou ‘alayhi wa sallam) a dit : « S’il avait existé un acte de ouqouq [d’ingratitude] encore moins grave que de dire « Fi! » [à ses parents], Allah l’aurait également interdit. »

Abdoullah ibn Amr ibn al-Aas (radhi allahou anhou) a rapporté qu’un homme vint un jour voir le Prophète (sallallahou ‘alayhi wa sallam) pour lui prêter serment d’allégeance. Il lui dit : « Je suis venu te prêter le serment d’émigrer [à Médine], mais ce faisant, je laisse derrière moi mes parents en pleurs. » Le Prophète (sallallahu ‘alayhi wa sallam) lui répondit : « Alors retourne chez tes parents et fais-les rire comme tu les as fait pleurer. » (Mousnad Ahmad) De plus, Ibn ‘Omar (radhi allahou anhou) a dit : « Faire pleurer ses parents fait partie du ouqouq (ingratitude) et constitue un péché majeur. » (Sahih al-Boukhari)

2. Insulter ou maudire ses parents ou les parents de quelqu’un d’autre. Le Messager d’Allah (sallallahou ‘alayhi wa sallam) a maudit celui qui insulte ses parents. Il a dit : « Maudit soit celui qui insulte son père! Maudit soit celui qui insulte sa mère! Maudit soit celui qui égorge [une bête] pour un autre qu’Allah! Maudit soit celui qui égare exprès un aveugle, sur la rue! Et maudit soit celui qui s’adonne aux mêmes actes que ceux auxquels s’adonnait le peuple de Lot! » Sahih al-Jami (5767))

On rapporte qu’il a également dit : « Parmi les péchés majeurs, il y a le fait d’insulter ses parents. » Les compagnons demandèrent : « Ô Messager d’Allah : comment insulte-t-on ses parents? » Il répondit : « Insulter le père de quelqu’un d’autre équivaut à insulter son propre père; et insulter sa mère équivaut à insulter sa propre mère. » (Sahih al-Boukhari and Sahih Mouslim)

Dans une autre narration, le Messager d’Allah (sallallahou ‘alayhi wa sallam) a répondu : « Il insulte le père d’une autre personne qui, en retour, insulte son père; puis il insulte la mère d’une autre personne qui, en retour, insulte sa mère. » (Sahih al-Boukhari et Sahih Mouslim) Ce que nous apprenons de ce hadith, c’est que nous ne devons jamais insulter les parents de qui que ce soit car ce faisant, nous incitons l’autre à faire de même envers nos parents et nous sommes alors responsables des insultes proférées contre nos propres parents.

3. Faire le mal devant ses parents. Nous ne devons jamais faire de mauvaises actions devant nos parents comme abandonner la prière, fumer, écouter de la musique, regarder des films indécents et d’autres types d’actions immorales. Ces actions attisent la colère de nos parents alors qu’Allah nous a interdit de leur dire ne serait-ce que « Fi! ». Si des parents laissent leurs enfants faire ces choses par amour pour eux, ce sont eux qui récolteront de mauvaises actions, car l’enfant finira par faire ces mauvaises actions dans le but de pousser ses parents à les faire eux-mêmes et ainsi commettre des péchés.

4. Renier et abandonner ses parents. Selon Anas al-Jouhani, son père a rapporté que le Prophète (sallallahou ‘alayhi wa sallam) a dit : « En vérité, au Jour de la Résurrection, Allah aura des esclaves à qui Il ne parlera pas, qu’Il ne purifiera pas et qu’Il ne regardera même pas. » On lui demanda : « Qui sont-ils, ô Messager d’Allah? » Il répondit : « Ceux qui renient et abandonnent leurs parents, ceux qui renient leurs enfants, et ceux à qui des gens ont accordé une faveur mais qui ne la reconnaissent pas et qui renient ces gens. » (Mousnad Ahmad)

Ne pas subvenir aux besoins de ses parents pauvres, les forçant même, parfois, à avoir recours aux tribunaux de sorte qu’un juge force les enfants à dépenser pour leurs besoins est aussi une forme d’ouqouq (ingratitude). Il est bon de nous rappeler que notre fortune appartient à notre père, tel que le mentionne le hadith suivant : « Un homme dit au Messager d’Allah (sallallahou ‘alayhi wa sallam) qu’il possédait des richesses et des enfants, mais que son père voulait utiliser une partie de sa fortune. Le Messager d’Allah (sallallahou ‘alayhi wa sallam) répondit : « Toi et ta fortune appartenez à ton père. » (Ibn Majah)

5. Préférer son épouse à ses parents est aussi une forme d’ouqouq. Il s’agit d’un problème très répandu de nos jours. Et cela est encore pire lorsqu’un homme donne préséance à une épouse non dévouée qui tente par tous les moyens de détourner son mari de ses parents.

6. Ne pas visiter ses parents sur une base régulière ou ne pas les contacter régulièrement constitue également un type de ouqouq (ingratitude). Al-Boukhari et Mouslim ont tous deux recueilli un hadith d’Abou Hourayrah (radhi allahou anhou), qui rapporte que le Messager d’Allah (sallallahou ‘alayhi wa sallam) a dit : « Allah créa les êtres et lorsqu'Il acheva la création, le lien de parenté se leva et dit: « (Ô Allah), ici même je cherche refuge auprès de Toi contre tous ceux qui rompent les liens de parenté. » - « Oui, répondit Allah. Seras-tu satisfait que Je rapproche de Moi celui qui te maintient et que Je rompe avec celui qui te rompt? » - « Certes oui, Seigneur », répondit-il. – « Eh bien! Je te l'accorde », reprit Allah. » Le Messager d'Allah (sallallahou ‘alayhi wa sallam) ajouta : « Récitez ces versets, si vous voulez :

« Car si on vous donnait l’autorité, ne risqueriez-vous pas de semer la corruption sur terre et de rompre vos liens de parenté ? Ce sont ceux-là que Dieu a maudits… » [47:22] (Sahih al-Boukhari, Sahih Mouslim)

Aucune obéissance n’est due envers qui que ce soit si cela implique une désobéissance envers Allah

Une règle générale en islam veut qu’il n’y ait aucune obéissance envers quelle que créature que ce soit si cela implique une désobéissance envers Allah, le Très-Haut. Le Messager d’Allah (sallallahou ‘alayhi wa sallam) a dit : « Celui qui répond aux ordres d’un maître, d’un dirigeant ou d’un souverain tout en désobéissant et en défiant Allah est un mécréant et un moushrik [qui attribue des associés à Allah]. Nulle obéissance envers aucune créature d’Allah si cela implique de désobéir et de déplaire à Allah. » (Sahih Mouslim, livre Imarah, p.1469) Le Prophète (sallallahou ‘alayhi wa sallam) a également dit : « Il n’y a d’obéissance que dans les bonnes actions. » (Sahih al-Boukhari et Sahih Mouslim) Et il a aussi dit : « Le musulman doit écouter et obéir dans ce qu’il aime et ce qu’il n’aime pas, sauf si on lui commande de faire un péché; car si on lui commande de faire un péché, il n’y a ni écoute ni obéissance. » (hadith reconnu par tous)

De même, l’obéissance envers les parents n’est permise que dans les choses qui sont permises par Allah, le Très-Haut, car Il dit :

« Et Nous avons enjoint à l’homme [la bienfaisance envers] ses père et mère. Sa mère l’a porté, [subissant pour lui] peine sur peine, et son sevrage a lieu au bout de deux ans. « Sois reconnaissant envers Moi et envers tes parents. Vers Moi est la destination (finale). Mais si tes parents te contraignent à M’associer ce dont tu n’as aucune connaissance, alors ne leur obéis point. [Cependant], tiens-leur compagnie, en ce monde, tout en demeurant aimable envers eux. » (Sourah Louqman (31) :15)

L’imam Ibn Kathir (rahimahoullah) a écrit, dans le tafsir (explication) du verset précédent : « Cela signifie que si vos parents insistent pour que vous les suiviez dans leurs pratiques religieuses erronées, vous n’avez pas à les suivre. Mais que cette situation ne fasse pas en sorte que vous cessiez de les traiter avec respect. »

Allah a également dit, dans la sourah al-Ankabout (l’araignée) :

« Nous avons enjoint à l’homme de bien traiter ses père et mère et lui avons prescrit ceci : « Si [tes parents] te forcent à M’associer, [dans l’adoration], ce dont tu n’as aucune connaissance, alors ne leur obéis pas. » C’est vers Moi que vous reviendrez, et Je vous informerai alors de ce que vous faisiez. » (Sourah al-Ankabout (29) :8)

Un excellent exemple du verset 31:15, un peu plus haut, se trouve dans le hadith de Sa’d ibn Malik, qui a dit : « Ce verset (31:15) a été révélé à mon sujet. J’étais un homme qui honorais sa mère, mais lorsque je devins musulman, elle me dit : « Ô Sa’d! Quelle est cette nouvelle chose que je te vois faire? Abandonne cette religion ou je cesserai de manger et de boire jusqu’à ce que mort s’ensuive et les gens te diront : « Tu devrais avoir honte de ce que tu as fait à ta mère » et ils diront que tu as tué ta mère. » Je lui dis : « Non, ne fais pas ça, maman, car rien ne me fera abandonner ma religion. » Elle passa toute une journée et toute une nuit sans manger, ce qui l’épuisa. Puis elle passa encore toute la journée et toute la nuit du lendemain sans manger, ce qui acheva de l’épuiser complètement. Lorsque je vis cela, je lui dis : « Maman, par Allah, même si tu avais cent âmes et qu’elles devaient toutes partir une à une, je n’abandonnerais pas ma religion; donc si tu veux manger, alors mange, et si tu ne veux pas, alors ne mange pas. » C’est alors qu’elle recommença à manger. » (Raconté par Ibn Al-Athir dans Ousd al-Ghabah 2: 216)

Sheikh al-islam ibn Taymiyyah a dit : « Abou Bakr a écrit, dans son livre Zad-oul-Mousafir : « Quiconque a mis ses parents en colère et les a fait pleurer doit retourner les voir et les faire rire. » Cela indique qu’il est obligatoire d’obéir à ses parents en ce qui a trait aux choses qui sont permises et d’éviter tout ce qu’ils nous interdisent dans la mesure où cela leur apporte quelque chose de positif tout en évitant de nuire à leur enfant. Dans cette catégorie, on peut donner comme exemple le fait d’annuler un projet de voyage et de rester avec ses parents si c’est ce qu’ils souhaitent. »

Comment se manifeste le respect envers les parents après leur mort?

La mort fait en sorte que l’homme n’a plus la possibilité d’accomplir de bonnes œuvres. Elle est en soi un long voyage qui demande suffisamment de provisions, et seules trois choses peuvent rendre ce voyage un peu plus facile. Le Messager d’Allah (sallallahou ‘alayhi wa sallam) a dit : « Lorsqu’un homme [ou une femme] meurt, ses bonnes actions prennent fin sauf dans trois cas : une aumône (qu’il a faite) et dont les effets positifs se font encore sentir, la connaissance utile qu’il a dispensée aux autres, et un enfant pieux qui prie pour lui. » (Sahih Mouslim (vol. 3, p.867, no. 4005))

Le Messager d’Allah (sallallahou ‘alayhi wa sallam) a expliqué comment un enfant peut rendre service à ses parents après leur mort. Abou Ousayd Malik ibn Rabiah as-Saidi a rapporté ce qui suit : « Alors que nous étions en compagnie du Messager d’Allah (sallallahou ‘alayhi wa sallam), un homme de Banou Salmah vint le voir et lui dit : « Ô Messager d’Allah, y a-t-il une bonne chose que je puisse faire pour mes parents après leur mort? » Il répondit : « Oui, il y a quatre choses que tu puisses faire : prier Allah pour qu’Il leur accorde Sa miséricorde et Son pardon, remplir les promesses qu’ils avaient faites [ou satisfaire leurs dernières volontés], se montrer généreux envers leurs amis, et maintenir les relations avec la famille à laquelle on est lié par nos parents. Voilà les bonnes choses que tu peux faire pour tes parents après leur mort. » (Sounan Abou Daoud (5123))

Note : Les dernières volontés d’une personne (wasiyah) ne doivent être respectées que dans la mesure où elles sont conformes à la shari’ah.

Les innovations en matière de religion ne sont nullement bénéfiques au mort

L’islam nous a donné des directives claires au sujet de ce que nous pouvons faire en faveur des personnes décédées. Parmi ces directives, cependant, il n’y a aucune mention de la récitation du Coran les troisième, septième et quarantième jours suivant la mort d’une personne. Il est important de comprendre qu’Allah connaît mieux que quiconque ce qui est favorable aux morts et qu’Il nous a transmis cette connaissance par l’intermédiaire de Son Messager (sallallahou ‘alayhi wa sallam). Ce dernier n’a jamais organisé de lectures du Coran pour les musulmans, ni même pour les membres de sa propre famille qui sont morts avant lui, comme ses filles, et les sahabah n’ont jamais rien fait de tel non plus. Nous devons donc nous en tenir aux actes que le Prophète lui-même (sallallahou ‘alayhi wa sallam) a faits. Car s’adonner à des rituels qui n’ont jamais été révélés par Allah ne nous apporte aucune récompense; en réalité, il est bien plus probable que ces actes deviennent une cause de châtiment.

Accomplir le Hajj pour le compte d’une personne décédée

Une autre forme d’adoration que l’on peut accomplir pour le compte d’une personne décédée et qui est tirée de la sounnah est le Hajj (pèlerinage). Cependant, on ne peut accomplir le Hajj pour une autre personne que si nous l’avons déjà accompli pour nous-mêmes, car il s’agit d’une obligation pour chaque musulman(e). Ibn Abbas a rapporté qu’une fois, le Messager d’Allah (sallallahou ‘alayhi wa sallam) a entendu un homme dire « Labbayka 'an Shoubroumah (à ton service, ô Allah, au nom de Shoubroumah). » Il demanda à l’homme : « Qui est Shoubroumah? ». L’homme répondit : « Une personne de ma famille. » Alors le Messager (sallallahou ‘alayhi wa sallam) lui demanda : « Avais-tu déjà fait le Hajj auparavant? » L’homme répondit par la négative. Le Messager (sallallahou ‘alayhi wa sallam) lui dit : « Alors fait ce Hajj pour toi-même, puis fais le prochain Hajj pour le compte de Shoubroumah. » (Abou Daoud. Le hadith est classé sahih par Sheikh al-Albani dans Irwaa' al-Ghaleel (4/171))

Donner en charité au nom d’un parent décédé

Un parent décédé bénéficiera d’une charité donnée en son nom et en recevra la rétribution. Les musulmans s’accordent à l’unanimité sur ce fait. Abou Hourayrah a rapporté qu’un homme est venu dire au Prophète (sallallahou ‘alayhi wa sallam) : « Mon père est mort et a laissé des biens, mais il n’a pas fait de testament. Si je donne en charité en son nom, cela pourra-t-il lui servir d’expiation? » Le Prophète (sallallahou ‘alayhi wa sallam) dit : « Oui ». (Sahih Mouslim (1630))

‘Aisha, (radhi allahou anha) a rapporté qu’un homme a demandé au Prophète (sallallahou ‘alayhi wa sallam) : « Ma mère est morte subitement, et je crois que si elle avait pu parler, elle aurait donné une part de ses biens en charité [i.e. qu’elle aurait demandé à ce qu’une partie de son héritage soit donnée en charité]. Est-ce que je recevrai une récompense si je donne en charité en son nom? » Il répondit : « Oui ». (Sahih Mouslim (1004))

L’imam an-Nawawi (rahimahoullah) a dit : « Ce hadith indique qu’il est permis de donner en charité au nom d’une personne décédée, qu’il est même recommandé (moustahabb) de le faire, et qu’autant la personne décédée que celle qui donne en charité en son nom recevront la récompense d’une telle action. Tous les musulmans sont d’accord sur ce point. »

Les devoirs d’un enfant envers ses parents décédés

1) Reprendre leurs jours de jeûne obligatoire non complétés. ‘Aisha (radhi allahou anha) a rapporté que le Messager d’Allah (sallallahou ‘alayhi wa sallam) a dit : « Quiconque meurt tout en ayant des jours de jeûne non complétés, ses héritiers devront les compléter en son nom. » (Sahih al-Boukhari (1851) and Sahih Mouslim (1147))

Une femme vint voir le Messager d’Allah (sallallahou ‘alayhi wa sallam) et lui demanda : « Ma mère est morte et il lui restait un mois de jeûne à reprendre. » Il répondit : « Si elle avait eu des dettes, ne les aurais-tu pas payées pour elle? » Elle dit : « Oui ». Alors il dit : « La dette envers Allah mérite encore plus d’être remboursée. » (Sahih al-Boukhari (1817) et Sahih Mouslim (1148))

2) Remplir leurs serments relatifs à des actes d’adoration et payer leurs dettes. Ibn Abbas (radhi allahou anhou) a rapporté qu’une femme de Jouhaynah est venue voir le Prophète (sallallahou ‘alayhi wa sallam) et lui a dit : « Ma mère avait fait le vœu de faire le Hajj, mais elle n’a pu le faire avant de mourir. Devrais-je faire le Hajj en son nom? » Il dit : « Oui, fais le Hajj en son nom. Si elle avait eu des dettes, ne les aurais-tu pas payées pour elle? Acquitte-toi de sa dette envers Allah, car c’est Lui qui mérite le plus qu’on s’acquitte de ses dettes envers Lui. » (Sahih al-Boukhari (1754))

3) Entretenir des liens avec les personnes qu’ils côtoyaient régulièrement, que ce soient des parents ou des amis. Le Messager d’Allah (sallallahou ‘alayhi wa sallam) a dit : « La meilleure action qu’un fils puisse faire pour son père [après sa mort] est de rester en contact avec les amis de ce dernier. » (Sahih Mouslim (2552))

Quant Abdoullah ibn ‘Omar (radhi allahou anhou) partit pour la Mecque, il prit avec lui un âne dans l’intention de le monter lorsqu’il serait fatigué de monter son chameau. Il avait aussi un turban noué autour de la tête. Un jour, alors qu’il montait l’âne, un bédouin passa près de lui. Abdoullah ibn ‘Omar lui demanda : « Ne serais-tu pas untel? » Le bédouin lui répondit par l’affirmative. Alors Abdoullah lui donna son âne et son turban et lui dit : « Monte cet âne et attache ce turban autour de ta tête. » Certains des hommes qui l’accompagnaient dans son voyage dirent : « Qu’Allah te pardonne; tu as donné à ce bédouin l’âne que tu aimais monter, de même que le turban que tu avais noué autour de ta tête. » Il répondit : « J’ai entendu le Messager d’Allah (sallallahou ‘alayhi wa sallam) dire : « La meilleure des bonnes actions, après la mort de son père, est de bien traiter les personnes qu’il aimait », et le père de ce bédouin était un ami de ‘Omar [le père d’Abdoullah]. » (Sahih Mouslim)

Les du’as que l’on peut faire pour ses parents

« Seigneur ! Pardonne-nous, à mes parents et à moi, ainsi qu’à celui qui entre dans ma demeure tout en ayant la foi, et de même qu’aux croyants et aux croyantes. Et ne fais croître les injustes qu’en perdition. » (Sourah Nouh (71): 28)

« Et votre Seigneur a décrété de n’adorer que Lui et d’être bon envers ses parents. Si l’un d’eux ou tous les deux atteignent la vieillesse auprès de toi, garde-toi de leur marquer la moindre répulsion ou de leur manquer de respect. Adresse-leur toujours des paroles respectueuses. Fais preuve d’humilité envers eux, témoigne-leur ta tendresse et dis : « Ô mon Seigneur! Sois miséricordieux envers eux, car ils m’ont élevé lorsque j’étais petit. » (Sourah al-Isra (17): 23-4)

« Dans ce verset, Allah mentionne spécifiquement le fait d’élever, de sorte que les enfants se rappellent l’immense dévouement dont ont fait montre leurs parents en les élevant. Peut-être, ainsi, ressentiront-ils de la gratitude envers eux. Nous devons mentionner, ici, qu’Allah nous a interdit d’invoquer Son pardon pour les personnes décédées qui étaient mécréantes. Par conséquent, si les parents d’un musulman étaient chrétiens ou juifs, le musulman, après les avoir bien traités de leur vivant, suivant en cela les directives d’Allah, ne peut invoquer Son pardon pour eux une fois qu’ils sont décédés. » (Ahkam-oul-Quraan, par al-Jassas, vol.2, p. 236)

Fatawa concernant la relation parents-enfants

Jusqu’à quel point les parents ont-ils le droit de choisir le futur époux (ou la future épouse) de leur enfant?

Question : Jusqu’à quel point les parents ont-ils le droit de choisir le futur époux (ou la future épouse) de leur enfant? Qu’en est-il s’ils forcent leur enfant à épouser un(e) autre membre de la famille? L’enfant a-t-il le droit de s’opposer à ce choix que ses parents ont fait pour lui?

Réponse : Louanges à Allah. Le principe de base est que l’une des conditions pour qu’un mariage soit valide est le consentement des deux parties. Abou Hourayrah (radhi allahou anhou) a rapporté que le Prophète (sallallahou ‘alayhi wa sallam) a dit : « On ne peut marier une vierge sans avoir obtenu son consentement, et on ne peut marier une femme qui a déjà été mariée auparavant sans la consulter. » On lui demanda : « Ô Messager d’Allah, comment [la vierge] donne-t-elle son consentement? » Il dit : « Par son silence. » (Sahih al-Boukhari (5136))

Le consentement est essentiel tant de la part de l’homme que de la femme. Les parents n’ont aucunement le droit de forcer leur fils ou leur fille à épouser une personne qu’ils ne désirent pas épouser.

Mais si la personne choisie par les parents est vertueuse, alors il est préférable, pour l’enfant (fils ou fille) d’obéir à ses parents, car le Prophète (sallallahou ‘alayhi wa sallam) a dit : « Lorsque celui dont vous agréez la religion et le caractère vous demande (la main de votre fille), mariez-les [si votre fille veut se marier avec lui]. Si vous ne le faites pas, il y aura une tentation et un grand mal sur la terre. » (At-Tirmidhi (1084), Ibn Majah (1967). Classé hassan par al-Albani dans Sahih al-Tirmidhi (865))

Mais si leur obéir risque de mener à un divorce par la suite, alors il est préférable de ne pas leur obéir, car le consentement est le fondement même d’une relation conjugale, et ce consentement doit être conforme à la shari’ah.

On ne considère pas qu’un enfant est désobéissant envers ses parents ou qu’il commet un péché à cet égard. Sheikh al-Islam ibn Taymiyyah a dit : « Les parents n’ont pas le droit de forcer leur enfant à épouser une personne qu’il(elle) ne souhaite pas épouser, et si l’enfant refuse, il n’est pas considéré comme désobéissant envers ses parents, comme lorsqu’il ne mange pas ce qu’il n’a pas envie de manger. » (Al-Ikhtiyaraat (344)])

La permission des parents en matière d’actes d’adoration obligatoires et volontaires

Question : Une personne peut-elle aller au Hajj sans la permission de ses parents? Et si elle y va sans leur permission, son Hajj sera-t-il valide? Et qu’en est-il de sortir de la maison pour aller acquérir des connaissances (religieuses)? Les parents commettent-ils un péché s’ils tentent d’empêcher leur enfant?

Réponse : Louanges à Allah. Ils peuvent l’empêcher d’aller faire un Hajj volontaire (surérogatoire) et ils ne commettent aucun péché en faisant cela. Mais ils n’ont pas le droit de l’empêcher d’aller faire le Hajj obligatoire et ils commettraient un péché s’ils le faisaient. S’il va faire le Hajj (obligatoire) sans leur permission, son Hajj sera valide. Mais il commettrait un péché s’il allait faire un Hajj surérogatoire sans leur permission. Il a également le droit de voyager pour acquérir des connaissances sans leur permission.

Tiré de Fatawa al-Imam an-Nawawi, p.94.

Se repentir, après la mort de ses parents, de leur avoir désobéi de leur vivant

Question : Si une personne désobéit à ses parent de leur vivant et qu’ils meurent en étant insatisfaits d’elle, comment peut-elle réparer les choses de façon à ce que ses parents ne le lui demandent pas de le faire dans l’au-delà?

Réponse : Louange à Allah. Il n’y aucun moyen de faire en sorte qu’ils ne vous demanderont pas réparation dans l’au-delà. Mais maintenant que vous ressentez du regret pour ce que vous avez fait, vous devez faire beaucoup d’invocations (du’as) pour eux, demander à Allah de leur pardonner, donner en charité en leur nom, si cela vous est possible, honorer les gens qu’ils aimaient, maintenir vos liens avec leur famille, payer leurs dettes, etc.

Tiré de Fatawa al-Imam an-Nawawi, p.96.

Comment traiter avec des parents non-musulmans

Question : Mon épouse et moi sommes tous deux convertis à l’islam et nous avons souvent senti que cette conversion n’était pas étrangère à l’attitude négative de ma belle-mère envers nous. Je vous serais reconnaissant de nous conseiller sur ce que nous devrions faire pour remédier à cette situation.

Réponse : Louange à Allah. Les réactions, chez les parents des personnes qui se convertissent à l’islam, varient d’un cas à l’autre. Certaines mères l’acceptent facilement et considèrent qu’il s’agit d’un choix personnel qui ne doit pas affecter la relation entre une mère et ses enfants. Dans de tels cas, plus l’enfant converti se montrera bon envers sa mère, plus la mère admirera et respectera l’islam.

D’autres mères, cependant, ont une réaction plus fermée au départ, mais finissent tôt ou tard par accepter cette conversion, surtout lorsqu’elles voient à quel point leur enfant est déterminé à poursuivre dans cette voie, ce qui peut même les amener à embrasser elles-mêmes l’islam.

Enfin, il y a des mères qui demeurent obstinées au point de blesser et d’opprimer leur fils ou leur fille. Habituellement, de telle mères entretiennent aveuglément des préjugés et considèrent que leur enfant s’est égaré en laissant tomber la religion de ses ancêtres. Elles se sentent donc obligées de le ramener sur ce qu’elles croient être la bonne voie.

Voici trois histoires qui ont eu lieu à l’époque du Prophète (sallallahou ‘alayhi wa sallam). Elles ont été vécues par trois sahabah (compagnons du Prophète) et illustrent les réactions de leur mère après qu’ils eurent embrassé l’islam.

Première histoire

Asma’ bint Abou Bakr a raconté : « Ma mère vint me rendre visite à l’époque du Messager d’Allah (sallallahou ‘alayhi wa sallam), et elle était encore une moushrikah (une idolâtre). Je demandai au Messager d’Allah (sallallahou ‘alayhi wa sallam) : « Ma mère est venue me rendre visite pour me demander quelque chose; dois-je maintenir une bonne relation avec elle? » Il répondit : « Oui, maintiens une bonne relation avec elle. » (Sahih al-Boukhari (2477))

Deuxième histoire

Abou Hourayrah a relaté ce qui suit : « Alors que ma mère était encore polythéiste, je l’appelais régulièrement à l’islam. Un jour, tandis que je l’invitais à nouveau à devenir musulmane, elle dit une chose, au sujet du Prophète (sallallahou ‘alayhi wa sallam), que je détestai intensément. J’allai trouver le Prophète (sallallahou ‘alayhi wa sallam) en pleurs et lui dit : « J’ai longtemps invité ma mère à embrasser l’islam, mais elle a toujours refusé. Je l’ai fait de nouveau aujourd’hui et elle m’a dit, à ton sujet, une chose que j’ai vraiment détestée. Je t’en prie, invoque les bénédictions d’Allah sur elle et demande-Lui de la guider. Alors le Prophète (sallallahou ‘alayhi wa sallam) dit : « Ô Allah, guide la mère d’Abou Hourayrah. » Je le quittai alors rempli d’espoir à cause de l’invocation qu’il venait de faire pour ma mère. Lorsque j’arrivai chez moi, je trouvai la porte entrouverte. Ma mère entendit mes pas et dit : « Reste où tu es, Abou Hourayrah ». Puis j’entendis de l’eau couler. Je compris, par la suite, que ma mère avait fait ses ablutions, puis qu’elle s’était habillée. Elle ouvrit la porte avec précipitation, sans rien sur sa tête, et dit : « Nul n’a le droit d’être adoré à part Allah et Mohammed est Son messager. »

« Je retournai voir le Prophète (sallallahou ‘alayhi wa sallam) en pleurant, mais de joie, cette fois. Je lui dis : « Je t’apporte une bonne nouvelle. Allah a exaucé ta prière et a guidé la mère d’Abou Hourayrah. » Le Prophète (sallallahou ‘alayhi wa sallam) loua et glorifia Allah et dit : « C’est une bonne chose. » Je dis : « Ô Messager d’Allah! Demande à Allah de faire en sorte que ma mère et moi soyons aimés de Ses serviteurs et que nous les aimions en retour. » Le Prophète (sallallahou ‘alayhi wa sallam) dit : « Ô Allah, fais que Ton serviteur que voici, ainsi que sa mère, soient aimés de Tes serviteurs et des croyants. » Depuis, il n’y eut aucun croyant qui, entendant parler de moi, même sans me voir, n’éprouva d’amour pour moi. » (Sahih Mouslim (2491)

Troisième histoire

Saad ibn Abi Waqas (radhi allahou anhou) a relaté que ce sont des versets du Coran qui ont révélé publiquement son histoire. Il dit qu’Oumm Saad (sa mère) avait juré de ne plus lui parler et de ne plus boire ni manger, à moins qu’il n’abandonne l’islam. Elle lui avait dit : « Tu prétends qu’Allah t’a ordonné d’obéir à tes parents. Je suis ta mère et je t’ordonne de faire cela [d’abandonner l’islam]. » Il raconte : « Elle est restée sans manger et sans boire trois jours durant, jusqu’à ce qu’elle s’évanouisse à force d’épuisement. Puis, un autre de ses fils, Oumarah, lui donna de l’eau et elle se mit alors à me maudire. C’est à ce moment qu’Allah révéla ce verset du Coran :

« Nous avons enjoint à l’homme de bien traiter ses père et mère et lui avons prescrit ceci : « Si [tes parents] te forcent à M’associer, [dans l’adoration], ce dont tu n’as aucune connaissance, alors ne leur obéis pas. » C’est vers Moi que vous reviendrez, et Je vous informerai alors de ce que vous faisiez. » (Sourah al-Ankabout (29) :8)

Allah a également révélé cet autre verset coranique :

« Mais si tes parents te contraignent à M’associer ce dont tu n’as aucune connaissance, alors ne leur obéis point. [Cependant], tiens-leur compagnie, en ce monde, tout en demeurant aimable envers eux. Et suis le sentier de celui qui revient repentant vers Moi. C’est vers Moi que vous reviendrez et alors, Je vous informerai de ce que vous faisiez. » (Louqman (31) :15)

Ces histoires nous offrent des repères quant à la façon de traiter avec nos parents non-musulmans et nous pouvons en conclure que :

1. Il est important de donner une belle image de l’islam à une mère non-musulmane et de s’efforcer, gentiment, de la persuader, comme l’a fait Abou Hourayrah.

2. Il faut continuer de se montrer bon envers une mère incroyante et garder à l’esprit que son incroyance ne justifie d’aucune façon la désobéissance envers elle. Comme il est mentionné dans le verset 31 :15 cité ci-dessus, Allah nous a enjoint de bien traiter nos parents incroyants et ce, même s’ils s’efforcent de faire de nous des polythéistes; d’abord parce qu’ils ont des droits sur nous et ensuite, parce que nous ne devons jamais perdre espoir de les voir un jour embrasser l’islam.

3. Il faut continuer de prier Allah avec sincérité et de L’invoquer en faveur de notre mère incroyante dans l’espoir qu’Il la guide, comme cela a été le cas dans l’histoire d’Abou Hourayrah.

4. Qu’Allah peut décider de guider une mère incroyante après beaucoup d’efforts déployés par l’enfant et après beaucoup d’opposition de la part de la mère, comme ce fut le cas dans l’histoire d’Abou Hourayrah. Par conséquent, l’enfant ne doit jamais laisser tomber, mais plutôt persévérer, continuer à prier et à invoquer Allah en faveur de sa mère.

5. Peu importe à quel point la mère incroyante s’efforce d’amener son enfant à abandonner l’islam, et peu importe la pression qu’elle exerce sur lui, par exemple en refusant de manger et de boire ou en le maudissant, l’enfant ne doit jamais laisser tomber et se plier à ses souhaits. Un des sahabah, dans une situation similaire, avait dit à sa mère : « même si tu avais cent âmes et qu’elles devaient toutes partir une à une, je n’abandonnerais pas ma religion. »

Il semble que la mère citée dans la question initiale opprime délibérément sa fille par une certaine aliénation, ce qui déchire cette dernière. Mais cela ne doit pas l’affaiblir en tant que musulmane, ni ébranler sa foi en sa religion. Il est permis de faire comprendre à la mère incroyante que vous n’avez aucune intention de reculer, mais qu’elle peut vous demander n’importe quoi d’autre (à part d’abandonner votre religion) et que vous répondrez immédiatement à sa demande selon vos capacités.

Nous demandons à Allah de la guider au plus vite vers la bonne voie et de vous donner la patience de l’appeler vers l’islam. Nous Lui demandons également de vous faire suivre la bonne voie, la voie de la vertu.

Sheikh Muhammed Salih Al-Munajjid

www.islam-qa.com

Cultiver, chez vos enfants, la qualité d’obéissance envers leurs parents

La compassion et l’affection que les parents ressentent envers leurs enfants est une chose innée. Dès qu’une personne devient parent, sa compassion, son affection, sa bonté, sa responsabilité, son dévouement et son amour envers ses enfants commencent. Cependant, aimer ses enfants ne devrait pas amener une personne à faire fi des droits d’Allah ou à se montrer permissive envers eux là où elle devrait se montrer plus ferme. Allah a mis en garde les parents contre la tentation que représentent leurs enfants pour eux :

« Vos biens et vos enfants sont une tentation pour vous… » (Sourah at-Taghaboun (64) :15)

Une fois, Khalifah Hisham ibn Abdoul Malik ne vit pas son fils parmi les fidèles assistant à la prière du vendredi. Il le questionna à ce sujet et son fils répondit que son mulet n’était pas arrivé à le transporter. Hisham lui dit : « Mais tu aurais pu marcher. » À cause de cela, Hisham interdit à son fils de monter un chameau pendant plus d’une année, durant laquelle il dut marcher tous les vendredi pour se rendre à la prière. » (Al-Bidaya wa-Nihayah, vol. 9, p. 396)

Un jour, on rapporta à ‘Omar ibn Abdoul Aziz que son fils venait d’acheter une bague pour mille dirhams. Alors il écrivit à son fils : « On m’a dit que tu avais acheté une bague pour mille dirhams. Lorsque tu recevras cette lettre, vends la bague et remplis [de nourriture] mille estomacs avec cet argent. Puis, achète pour deux dirhams une bague dont le centre est fait de fer et fais-y graver « Qu’Allah accorde Sa miséricorde à celui qui connaît ses propres limites. » (Madarij as-Salikin, vol.2, p.345)

C’est ainsi que nos ancêtres formaient leurs enfants à respecter leurs devoirs islamiques et à devenir responsables. Ils suivaient leurs enfants et marchaient à leurs côtés, les éduquant, les conseillant, les dirigeant et les élevant dans la vertu. C’est pourquoi leurs enfants étaient un réconfort pour leurs yeux, un soulagement pour leur cœur, et la fierté de la nation musulmane.

Il incombe à chacun d’entre nous d’enseigner la vertu à ses enfants, de leur faire connaître les limites établies par Allah et de les mettre en garde contre les actions et les chemins qui encourent Son mécontentement. Les parents devraient également mettre eux-mêmes en pratique tout ce qu’ils enseignent à leurs enfants, car ceux-ci suivent habituellement l’exemple de leurs parents. Lorsque Malik ibn Dinar vit un homme prier de façon incorrecte, il dit : « Je ressens de la pitié pour ses enfants! » On lui répliqua : « Il prie incorrectement et tu ressens de la pitié pour ses enfants? » Malik répondit : « C’est lui qui leur enseigne, et ils apprennent de lui! ». (Sifatous Safwah, vol.3, p.287)

Cela démontre le rôle essentiel que jouent les parents dans la formation du caractère de leurs enfants. Si les parents sont vertueux et qu’ils enseignent leurs valeurs à leurs enfants tout en assurant une stricte discipline, cela aura une influence positive sur leurs enfants qui, en retour, seront portés à traiter leurs parents avec bonté. Si donc vous êtes vous-mêmes désobéissants et rudes envers vos parents, il est fort probable que vous receviez le même traitement de la part de vos enfants, lorsque vous serez vieux à votre tour. Le Messager d’Allah (sallallahou ‘alayhi wa sallam) a dit : « Allah remet au Jour de la Résurrection (le châtiment pour) tous les péchés, sauf la désobéissance envers les parents, pour laquelle Il châtie ici-bas, avant sa mort, celui qui s’en rend coupable. » (rapporté par Hakim). De même, si quelqu’un honore ses parents, il se pourrait que cela lui apporte du bien en cette vie et que ses enfants l’honorent et le servent à leur tour lorsqu’il sera vieux, car le Messager d’Allah (sallallahou ‘alayhi wa sallam) a dit : « Si un jeune homme honore une vieille personne à cause de son âge avancé, Allah lui désignera une personne qui lui accordera le plus grand respect lorsqu’il sera vieux. » (At-Tirmidhi)

Conclusion – importantes leçons à retenir :

1. Obéir à ses parents, les servir et prendre soin d’eux lorsqu’ils sont âgés est obligatoire pour l’enfant, peu importe que ses parents soient musulmans ou non, car ils l’ont élevé avec amour et dévouement lorsqu’il était petit.

2. Désobéir à ses parents et négliger leurs droits provoque la colère d’Allah, et leur adresser des paroles irrespectueuses est un péché majeur.

3. L’enfant devrait préférer le plaisir et la satisfaction de ses parents aux siens, à ceux de son époux(se) et de ses enfants, et à ceux de tout le monde à l’exception du Prophète (sallallahou ‘alayhi wa sallam).

4. L’enfant doit obéir à ses parents dans tout ce qu’ils lui ordonnent de faire et de ne pas faire, même lorsque, de l’avis de l’enfant, leurs demandes ne sont pas appropriées, à moins, évidemment, qu’ils lui demandent de désobéir à Allah.

5. L’enfant doit de plein gré, et de bon cœur, accorder à ses parents ce qu’ils lui demandent et aussi ce qu’ils aiment avant même qu’ils ne le demandent, tout en reconnaissant, au fond de lui, qu’il ne pourra jamais atteindre la perfection quant au respect de tous leurs droits.

Nous devons garder à l’esprit les paroles du Messager d’Allah (sallallahou ‘alayhi wa sallam) : « Il y a trois types d’invocations qui ne seront jamais rejetées par Allah : celles qu’un parent fait pour ses enfants, celles que fait une personne qui jeûne, et celles que fait le voyageur. » (Sahih al-Jami, no.3029). Alors si notre obéissance et notre gentillesse envers nos parents les amènent ne serait-ce qu’à faire des invocations en notre faveur, cela nous suffit amplement et nous garantira, incha’Allah, le salut éternel.

Ce qui précède constitue un rappel et quelques conseils qui s’adressent à tous ceux qui sont dotés d’assez de sagesse pour comprendre à quel point avoir des parents est une bénédiction, ces parents qui, des années durant, se sont occupés d’eux, les ont nourris, soignés quand ils étaient malades, et qui ont tout fait pour les rendre heureux et assurer leur confort. « Le Seigneur est satisfait lorsque les parents le sont, et le Seigneur est en colère lorsque les parents le sont. » (Sahih al-Jamee (3500)) Alors profitez de l’occasion qui vous est offerte de servir vos parents avant qu’il ne soit trop tard, avant ce moment où vous regarderez le fauteuil où votre mère ou votre père avait l’habitude de s’asseoir, ou le lit sur lequel ils dormaient, et où vous ne les verrez plus et n’entendrez plus leur voix affectueuse…

Le rôle des parents : « Les parents doivent aider leurs enfants à se montrer respectueux envers eux en évitant d’exiger d’eux des choses trop difficiles et en n’insistant pas lorsque leurs enfants sont trop fatigués pour faire ce qui leur est demandé, de crainte que cela amène leurs enfants à leur désobéir et qu’ils risquent ainsi de goûter au Feu à cause de cela. » (Tanbihul-Ghafilin, p.98)

1
4741
تعليقات (0)