Jamaal al-Din Zarabozo
Dans plusieurs passages du Coran, Allah loue les compagnons du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) et exprime Sa satisfaction à leur égard, de même qu’à l’égard de ceux qui suivent leur voie. Dans l’un de ces versets, Il dit:
« Les tous premiers croyants parmi les Émigrés (Mouhajirounes), ainsi que les Ansars et ceux qui les ont suivis dans leur foi, Allah les agrée, tout comme ils L’agréent. Il a préparé pour eux des Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux et ils y demeureront éternellement. Voilà l’énorme succès! » (9:100)
Par ailleurs, le verset suivant s’adresse d’abord et avant tout aux compagnons du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) :
« Vous êtes la meilleure communauté qu’on ait fait surgir pour les hommes; vous ordonnez le convenable, vous interdisez le blâmable et vous croyez en Allah. » (3:110)
Dans plusieurs hadiths, le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) a insisté sur le statut particulier et la supériorité de ses compagnons et de ceux qui leur ont succédé. Imran ibn Houssain a rapporté que le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit :
« Les meilleures personnes sont celles de ma génération, puis celles de la génération suivante, et enfin celles qui succèderont à cette dernière. » (Boukhari et Mouslim)
Dans un autre hadith important, le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit :
« Les tribus d’Israël se sont divisées en soixante-douze sectes. Ma oummah se divisera en soixante-treize sectes. Toutes iront en enfer sauf une; il s’agit du groupe qui suit fidèlement ce que moi et mes compagnons suivons. » (Tirmidhi)
Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) a été lui-même témoin des actions et du comportement de ses compagnons et les a approuvés. Cela signifie que leur comportement était également approuvé par Allah, car c’est un principe de base, en islam, que le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) n’a pas le droit d’approuver une chose qui est fondamentalement mauvaise.
Ces versets et hadiths – et plusieurs autres – démontrent que les compagnons étaient bel et bien sur la bonne voie. Et il s’agit, en fait, de l’unique voie, la seule qui soit celle de la Vérité, tel que le hadith sur la division de la oummah en plusieurs sectes nous l’indique. Allah, dans le Coran, affirme clairement qu’il n’y a qu’un seul et unique chemin qui mène à Lui. Il dit :
« Et voilà Mon chemin dans toute sa rectitude; suivez-le donc. Et ne suivez pas les sentiers qui vous écartent de Sa voie. » Voilà ce qu’Il vous enjoint. Ainsi atteindrez-vous la piété. » (6:153)
Ibn Mas’oud rapporte qu’une fois, le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) a tracé une ligne droite sur le sol. Puis, à partir de celle-ci, il a tracé plusieurs autres lignes perpendiculaires à elle, allant à droite et à gauche. Il a ensuite dit à ses compagnons que la ligne droite du centre représentait le droit chemin, tandis qu’à l’intersection de chacune des autres voies se trouvait un diable appelant les gens à emprunter cette voie déviante. Il récita ensuite le verset sus-mentionné.
Par conséquent, nous nous devons de prendre pour exemples les compagnons du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui), ainsi que les musulmans des trois premières générations (qui ont suivi leurs traces et appris la religion directement d’eux), et de tenter de les imiter puisque nous savons que leur mode de vie plaisait à Allah.
Cependant, nous pouvons nous demander dans quel(s) domaine(s) nous devons les imiter? Nous devons les imiter dans le domaine de la religion et nous devons, comme eux, nous efforcer de suivre le droit chemin. Et qu’est-ce que la religion? C’est l’ensemble de nos croyances, ce sont les lois divines, le comportement et l’éthique, qui sont tous des aspects essentiels de la religion.
Nous devons étudier la vie des compagnons et nous efforcer d’apprendre d’eux et d’être comme eux. Mais pas uniquement dans le domaine de la ‘aqidah et des croyances, comme certaines personnes, de nos jours, semblent le croire. Il est vrai que la ‘aqidah, ou foi, constitue le fondement de notre vie; mais il n’y a pas de ‘aqidah si elle ne se manifeste pas dans nos actions et notre comportement.
Plusieurs musulmans, de nos jours, insistent sur l’importance de suivre la voie de nos pieux prédécesseurs (ou Salafs), et ils insistent plus particulièrement sur l’importance de les suivre en matière de ‘aqidah. Mais ce qu’il faut comprendre, c’est que suivre leurs traces ne signifie pas de simplement croire en certains articles de la foi et être ensuite capable de les répéter comme un perroquet! Tant de personnes sont capables de débiter les principes relatifs aux noms et attributs d’Allah, mais cela ne fait pas nécessairement d’eux des gens qui suivent sincèrement la voie de nos pieux prédécesseurs.
Souvent, lorsqu’il est question de comportement et d’éthique, ces mêmes personnes qui appellent à suivre la voie des Salafs semblent oublier que nous devons suivre leur exemple dans ces domaines également. Il est totalement absurde – en fait, tout à fait impossible – d’avoir à la fois les mêmes croyances que les Salafs et de faire des actions qui démontrent le contraire. Si nous faisons ces actions, cela signifie que nous n’avons pas du tout les mêmes croyances qu’eux. Car si nous avions les mêmes croyances qu’eux, elles transparaîtraient dans notre comportement. Il est inconcevable que nous prétendions suivre les traces de ces personnes pieuses, tandis que notre comportement ne ressemble en rien au leur. Comment pouvons-nous prétendre les suivre véritablement alors que nous mentons, trichons, vivons sans honte aux dépends des autres, faisons circuler de fausses rumeurs sur nos frères et sœurs, ne sommes prêts à rien sacrifier pour Allah, etc. En vérité, certains de ceux qui prétendent suivre l’exemple de ces pieuses âmes sont en fait ceux qui en sont le plus éloignés de par leur comportement.
Après vous avoir rappelé, ainsi qu’à moi-même, de suivre la voie tracée par le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) et ses compagnons de façon à ce que nous fassions partie de la secte qui sera sauve au Jour du Jugement, j’aimerais rappeler certains comportements et caractéristiques de ces premières générations de musulmans. Ainsi, nous pourrons considérer leur mode de vie et le nôtre et nous demander sincèrement si nous suivons vraiment leur exemple et si nous avons la même foi qu’eux, celle-là même qui plaisait tant à Allah.
L’une de leurs caractéristiques, au niveau de leur langage et de leurs actions, était qu’ils soupesaient chaque action en fonction de la shari’ah. Nous avons des exemples très clairs démontrant que Abou Bakr et ‘Omar ne faisaient jamais rien sans s’être d’abord assurés que la chose qu’ils comptaient faire était acceptable du point de vue de la shari’ah. Nous devons être prudents et rester éloignés des choses douteuses – ce qui était une autre de leurs nobles et belles caractéristiques. Il nous arrive trop souvent de faire des choses sans nous être d’abord interrogés ou sans avoir fait des recherches préalables pour nous assurer qu’elles sont licites et qu’elles plaisent à Allah. Et une fois que nous avons déjà entrepris ces choses, nous nous demandons, tout à coup : « Cette action est-elle halal ou haram? ». L’une des caractéristiques des Salafs est qu’ils se posaient cette question avant même d’agir.
Un deuxième trait qui les caractérisait était le fait de penser très souvent à la mort, et d’y penser aussi souvent avait un effet profond sur leurs actions et sur leur attachement à ce monde. Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) leur recommandait de penser souvent à la mort, cette chose qui vient mettre un terme aux plaisirs de ce monde, et ils mettaient en pratique cet enseignement.
Thabit a dit : « Chaque fois que nous assistions à des funérailles, nous pleurions. ». Si l’on étudie d’autres hadiths traitant du même sujet, nous comprenons qu’ils ne pleuraient pas pour la personne décédée comme telle; en fait, ils pleuraient pour eux-mêmes, car la mort d’une autre personne leur rappelait qu’ils auraient eux aussi à faire face à ce jour où leurs actions prendraient fin. Ils se disaient en eux-mêmes : « Suis-je prêt à affronter ce jour où les deux anges viendront me questionner? Suis-je prêt à affronter ce jour où mes actions prendront fin et où je n’aurai plus aucune chance de me repentir de mes péchés? »
Nous, qui prétendons suivre leurs traces, à quelle fréquence nous rappelons-nous la mort? Pleurons-nous jamais en songeant à ce jour où nos actions seront scellées et où les anges viendront nous questionner? Si nous suivons vraiment leur voie, nous devons penser souvent à la mort et ce rappel doit avoir un effet profond sur nous. Suivre la voie des compagnons implique également cet aspect.
Une troisième caractéristique des compagnons est qu’ils pardonnaient facilement à ceux qui leur causaient du tort. Ils s’efforçaient de correspondre à cette description que fait Allah, dans le Coran :
« … (ceux qui) dominent leur colère et pardonnent à autrui, car Allah aime les bienfaisants. » (3:134)
Ils pardonnaient aux gens dans l’espoir qu’Allah leur pardonne à Son tour. Car la rétribution prend le plus souvent une forme similaire à l’acte qui est rétribué. Ainsi, ceux qui pardonnent facilement aux autres pour plaire à Allah peuvent espérer qu’Allah les traite de la même façon. Combien d’entre nous, aujourd’hui, possèdent cette caractéristique? Par ailleurs, combien d’entre nous gardent rancune à jamais et n’ont aucune intention de pardonner un tort qui leur a été causé il y a de cela des années?
Une autre caractéristique importante des compagnons était le profond respect qu’ils avaient pour l’honneur des autres musulmans et le fait qu’ils souhaitaient toujours du bien à leurs frères et sœurs en islam. Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) leur a clairement dit :
« Un musulman est sacré pour un autre musulman : son sang, ses biens et son honneur sont sacrés. »
Abou Bakr a dit : « Ne rabaissez aucun musulman, car celui qui vous semble le plus insignifiant est important aux yeux d’Allah. » ‘Omar ibn al-Khattab a déclaré que sauver la vie d’un musulman était plus important, pour lui, que toutes les terres d’Irak. En fait, le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit :
« Le meurtre d’un croyant est plus grave, aux yeux d’Allah, que de tuer l’humanité tout entière. » (an-Nasaï, al-Albaani dans Sahih al-Jaami’ as Saghir, vol.2, p.804, hadith no.4361)
Qu’est-il advenu de cette belle caractéristique que possédaient les Salafs? Traitons-nous nos frères et sœurs avec le même respect qu’ils avaient les uns pour les autres? De nos jours, il n’est pas rare de voir des musulmans tromper d’autres musulmans. Et il n’est pas rare non plus de voir des musulmans manquer à leurs promesses. En fait, il nous arrive même de voir des musulmans tuer d’autres musulmans.
Et pour tout dire, il n’est pas rare de voir des musulmans honorer et respecter des non-musulmans, et les traiter infiniment mieux qu’ils ne traitent leurs propres frères et sœurs en islam. Tant et aussi longtemps que nous continuerons de nous comporter ainsi, nous ne pourrons prétendre suivre la voie des compagnons du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui).
Un autre aspect important de la vie de ces derniers était qu’ils priaient tard, la nuit, sur une base régulière (ce qui est connu sous le nom de tahajjoud). Dans le Coran, Allah dit :
« Les pieux seront dans des Jardins et parmi des sources, recevant ce que leur Seigneur leur aura donné. Car ils auront été, auparavant, des bienfaisants. Ils dormaient peu, la nuit, et aux dernières heures de la nuit, ils imploraient le pardon d’Allah. » (51 :15-18)
Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) a également dit, au sujet de la prière de la nuit :
« Demeurez fidèles à la prière de la nuit, car elle faisait partie des habitudes de vos pieux prédécesseurs. Elle constitue également un moyen de vous rapprocher de votre Seigneur. Elle efface vos mauvaises actions et elle vous tient éloignés des péchés. » (Ahmad, at-Tirmidhi, al-Hakim et autres. Voir Sahih al-Jaami’ as-Saghir, vol. 2, p.752, hadith no.4079)
Cette prière était très chère à nos pieux prédécesseurs. S’ils la rataient, ils se sentaient mal, car ils savaient ce qui la leur avait fait rater. En effet, al-Hassan al-Basri a dit : « Nul n’abandonne la prière de la nuit si ce n’est à cause d’un péché qu’il a commis. » Il a également dit : « La prière de la nuit ne pèse qu’à ceux qui sont accablés par le poids de leurs péchés. »
Dans notre désir de suivre fidèlement la voie des compagnons, nous devons rétablir cette importante sounnah. De nos jours, nous trouvons de nombreuses excuses pour ne pas accomplir cette importante prière. Cependant, nous devons faire des efforts, surmonter ces excuses et faire de notre mieux pour acquérir cette caractéristique qui était si commune parmi ceux que nous cherchons à imiter.
Une chose qui se dégage clairement des différentes déclarations des musulmans des premières générations est leur attitude détachée par rapport au monde d’ici-bas. C’était l’au-delà qui comptait le plus à leurs yeux. Ils préféraient les actions qui allaient leur profiter le plus dans l’au-delà à celles qui n’allaient leur profiter que dans ce monde. En fait, ce monde n’avait que peu d’importance pour eux et ne représentait qu’un moyen d’atteindre le salut dans l’au-delà.
Allah affirme clairement, dans le Coran, que si une personne désire ce bas monde, Il le lui donnera, car cela est très facile pour Lui. Les choses de ce monde n’ont que très peu d’importance pour Allah; c’est pourquoi il en fait profiter même les mécréants. Il dit, dans le Coran :
« Quiconque désire la vie immédiate… Nous nous hâtons de donner ce que Nous voulons, à qui Nous voulons. Puis, Nous lui assignons l’Enfer, où il brûlera, méprisé et repoussé [loin de la miséricorde d’Allah]. Et ceux qui recherchent l’au-delà et fournissent les efforts qui y mènent tout en étant croyants… alors l’effort de ceux-là sera reconnu et récompensé [par Allah]. » (17 :18-19)
Un véritable croyant doit être « au-dessus » de ce monde. Ses aspirations ne doivent pas faire partie de ce monde. Il ne doit pas concentrer tout son temps aux choses de la vie d’ici-bas. Comme je l’ai dit, le détachement de cette vie était une caractéristique très importante des gens dont Allah a déclaré être satisfait.
L’une de ces pieuses âmes des premières générations, Malik ibn Dinar, a dit, un jour : « Quiconque propose ce monde en mariage, ce monde lui demandera comme dot sa religion tout entière et ne se satisfera pas d’autre chose. »
Il ne fait aucun doute que l’amour pour ce bas monde est l’une des plus grandes épreuves qui affligent les musulmans, de nos jours. Plusieurs d’entre ceux qui ont de l’éducation et de l’argent courent de plus en plus après l’argent. Nombreux sont nos jeunes dont l’unique intérêt consiste à obtenir les vêtements dernier cri, les meilleures chaussures, etc. Nous avons perdu cet équilibre, dans nos vies, entre le monde d’ici-bas et l’au-delà. Le véritable équilibre est celui qui fait en sorte que l’au-delà vient en premier, dans nos vies, tandis que ce monde-ci ne sert que de tremplin pour obtenir le pardon d’Allah dans l’au-delà. C’était la façon de voir des Salafs, leur façon de comprendre la vie, et si nous voulons réellement suivre leur voie, nous devons adopter cette même compréhension, cette même vision des choses.
Un autre trait de caractère qui se dégage de leurs déclarations est qu’ils étaient conscients de ne jamais assez remercier Allah. En fait, à leurs yeux, le fait même de remercier Allah était une bénédiction, car ils comprenaient que seul Allah pouvait les guider à cet acte; ainsi, Allah méritait d’être doublement remercié, d’abord pour Ses bienfaits, ensuite pour les avoir guidés à cet acte. Remercier Allah vous amène à prendre conscience de tous les bienfaits dont Il vous a comblés et à comprendre que toutes vos louanges à Allah, tous vos remerciements à Allah, et tous les sacrifices que vous faites pour Lui ne sont rien en comparaison de tout ce qu’Il a si gracieusement fait pour vous.
Une autre de leurs caractéristiques est qu’ils étaient plus préoccupés de leurs défauts que de ceux des autres. On rapporte que ‘Omar dit, un jour : « Qu’Allah soit miséricordieux avec celui qui me fait remarquer mes défauts. ». En fait, trouver des défauts aux autres ne nous sera d’aucune utilité dans l’au-delà. Mais reconnaître nos propres fautes et tenter de changer pour le meilleur nous sera certainement utile, dans cette vie comme dans l’au-delà. Nous devrions être très préoccupés par nos défauts et nous devrions nous soucier de trouver les moyens de les corriger. En fait, nous devrions même être contents lorsque quelqu’un nous fait remarquer nos défauts, de façon à ce que nous les reconnaissions et les corrigions. Cela faisait partie de la voie de pieux prédécesseurs et nous nous devons de suivre cette même voie.
Les Salafs étaient également connus pour se tenir à l’écart des pécheurs et de leurs rassemblements. Comme Abdoullah ibn Mas’oud, s’ils étaient invités à un mariage, ils répondaient à l’invitation mais quittaient les lieux dès qu’ils y voyaient des choses illicites. Ils se tenaient à l’écart des pécheurs et des innovateurs afin de conserver un cœur pur et d’empêcher ce dernier d’être contaminé par les doutes et les passions de ces gens. En ne fréquentant que des gens pieux et en n’assistant qu’à des réunions licites, ils arrivaient à renforcer leur foi et à lui assurer une stabilité certaine.
Aujourd’hui, notre situation est bien différente. Il nous arrive de prendre pour amis non pas les gens pieux, mais ceux qui commettent de nombreux péchés. Nous les prenons pour amis pour toutes sortes de raisons futiles, parce que nous aimons, par exemple, leur sens de l’humour, ou encore parce qu’ils sont de la même nationalité que nous. Nous ne nous rendons pas compte du tort énorme qu’ils peuvent causer à notre religion. Nous ne nous rendons pas compte qu’en frayant avec eux et en allant dans ces endroits où les lois d’Allah sont enfreintes, nous nous causons du tort à nous-mêmes et nous dévions clairement de la voie et du mode de vie de ces premières générations de musulmans que le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) a décrites comme étant les meilleures de toutes.
Il y a une dernière caractéristique de nos nobles prédécesseurs que j’aimerais mentionner, et il s’agit certainement de l’une des plus importantes : c’est le fait d’accomplir les cinq prières quotidiennes en congrégation, à la mosquée. À l’époque du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui), c’était là un des signes qui distinguait un véritable musulman d’un hypocrite. Abdoullah ibn Mas’oud a dit : « Quiconque souhaite rencontrer Allah, demain, en étant musulman doit respecter les prières chaque fois qu’on l’y appelle. Le Messager d’Allah nous a appris la sounnah, afin que nous soyons bien guidés; et une partie de cette sounnah est d’accomplir la prière dans les mosquées où l’on prononce le adhan. Si vous priez dans vos maisons, comme ces gens qui sont restés en arrière et qui ont fait leurs prières dans leurs maisons, cela signifie que vous avez abandonné la sounnah du Prophète, paix et bénédictions d’Allah soient sur lui. Et si vous abandonnez la sounnah de votre prophète, vous serez égarés… À nos yeux, nul ne restait à l’écart des mosquées (aux heures de prière) sauf celui qui était bien connu pour son hypocrisie. » (Mouslim)
Dans nos sociétés, ici, il est parfois difficile d’arriver à faire nos prières à la mosquée. Nous devons cependant déployer tous les efforts pour y arriver. Nous devons nous sacrifier pour la prière. Nous devons organiser notre temps de façon à arriver à faire nos prières à la mosquée. Si nous y arrivons, nous pourrons alors prétendre suivre les traces des compagnons du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui), qui faisaient partie de la meilleure génération qui ait jamais vécu sur cette terre.
C’étaient là quelques-unes des importantes caractéristiques de nos pieux prédécesseurs. Le fait de reconnaître et de croire que leur voie était la bonne – i.e. la voie de la secte qui sera sauvée – ne signifie pas simplement croire en certaines doctrines que nous nous plaisons à répéter à qui veut les entendre. C’est de leur religion dont nous parlons, ici; et la religion embrasse tous les aspects de notre vie.
Si nous suivons réellement leur voie, cela doit se voir dans notre comportement, nos actions, notre éthique, notre adoration et, évidemment, dans nos croyances. Mais si nous abandonnons l’une ou l’autre de ces caractéristiques, alors nous ne pouvons prétendre suivre leur voie, peu importe à quel point nous l’affirmons et le répétons.
Ce sermon a été prononcé à l’occasion d’une prière du vendredi, aux États-Unis, par Jamaal ad-Deen Zarabozo.
Source: Islamicawakening .com (avec quelques modifications par le CISDP)