Les multiples facettes de la médisance

Darussalam

Shaikhoul-islam, Ibn Taymiyyah, a dit qu’il y a certaines personnes qui médisent des autres ou qui écoutent des médisances, et qui le font pour plaire aux gens qui leur tiennent compagnie, tout en sachant que la victime est fort probablement innocente de tout ce dont on l’accuse.  Souvent, ces personnes craignent, si elles tentent de mettre un terme aux médisances qui se racontent lors de ces réunions, que leur présence ne soit plus bienvenue à l’avenir ou que les gens les trouvent ennuyeuses.

La médisance comporte de multiples facettes et nombreux sont ceux qui emploient toutes sortes de détours pour parler d’une personne de façon négative en son absence.

Sous le prétexte d’informer les gens, certains diront qu’il n’est pas dans leur habitude de nommer les autres en parlant d’eux, sauf lorsqu’il s’agit de parler de leur état de santé ou d’une situation particulière dans laquelle ils se trouvent.

Ou alors une personne peut affirmer que, par Allah, untel est vraiment à plaindre et ce faisant, prétendre à une certaine supériorité sur cette personne qu’elle veut, au fond, voir rejetée par les autres.

Un autre moyen de médire est d’affirmer, par exemple, qu’untel est une bonne personne, mais qu’il a également tel et tel défaut.  Ici encore, celui qui médit trouve un moyen détourné de parler des défauts de l’autre.

Quelqu’un peut également dire aux autres : « Nous devrions oublier untel et demander à Allah de lui pardonner, ainsi qu’à nous-mêmes », avec l’unique intention de rabaisser cette personne.

En fait, toutes ces tactiques ne sont utilisées que dans le but (illusoire, certes) de tromper Allah, le Très-Haut, et de plaire à la création.  Mais en réalité, ceux qui s’en rendent coupables ne trompent qu’eux-mêmes.

Il y en a qui ne médisent des autres que pour élever leur propre position sociale.

Lorsqu’ils entendent parler des erreurs commises par quelqu’un, ils commentent en disant: « Si j’avais prié pour lui, au cours de ma prière de la nuit dernière, la nouvelle de ses péchés ne serait jamais parvenue à mes oreilles. »

Lorsque quelqu’un dit, à propos d’une autre personne, que cette dernière manque de connaissances sur un sujet donné, il prétend, de manière indirecte, être supérieur à cette personne.

Il y a également ceux chez qui la jalousie amène la médisance; ils critiquent et rabaissent ceux dont ils entendent dire du bien en présence d’autrui.

Certains médisent pour rigoler et faire rire les autres.  Ce sont habituellement des gens qui trouvent une certaine satisfaction dans le fait d’être appréciés des autres pour leur talent d’orateur; dire du mal d’autrui de façon humoristique ajoute du piquant à une histoire.

Certains se rendent coupables de médisance en montrant de la surprise et de la stupeur face aux actions d’une autre personne : « Comment une personne peut-elle faire une chose pareille?! »

Certaines personnes mentionnent des gens et parlent de leurs mauvaises actions avec une feinte sympathie envers eux.  En réalité, ceux qui médisent de la sorte trouvent une certaine satisfaction dans le fait de mentionner ces gens et leurs mauvaises actions.

Une autre façon de médire est de parler des malheurs d’une personne à ses ennemis de façon à ce que ces derniers trouvent un plaisir certain à la voir humiliée de la sorte.Tous ces exemples servent à nous faire comprendre que la médisance est bel et bien une maladie…  Qu’Allah nous préserve de ce mal et nous protège de sa tentation.

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